Le bonheur au travail : 5 raisons d’y croire

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Le bonheur au travail est une idée qui fait beaucoup parler et qui se répand de plus en plus. Le concept de bien-être au travail, à savoir de permettre aux employés d’être heureux au travail, fait rêver les équipes, mais aussi les entreprises. En effet, certaines sociétés prennent l’épanouissement au travail très au sérieux. Pour preuve, elles mettent en place un Chief Happiness Officer à savoir un responsable du bonheur pour accompagner le développement du bonheur au travail.

Libérer nos équipes et créer une bonne ambiance de travail est très tentant. Les résultats des entreprises ayant cette démarche sont très bons, car les employés se sentent mieux dans un environnement de travail agréable. Pourtant, tout comme le Greenwashing, c’est-à-dire faire beaucoup de marketing sur l’écologie, mais ne pas mener d’actions profondes et concrètes, n’existerait-il pas un Happiness Washing ? Certaines entreprises ne seraient-elles pas tentées d’afficher de belles valeurs pour recruter les meilleurs candidats ou convaincre de potentiels clients ? En effet, de nombreuses personnes peuvent témoigner qu’après leur entretien d’embauche, où il leur avait été promis monts et merveilles, la belle idylle n’a pas duré.

Pourtant, à chaque fois qu’un collaborateur heureux au travail est interrogé, il évoque le fait qu’il travaille mieux quantitativement et qualitativement. Cette démarche semble donc prometteuse pour améliorer la performance de l’entreprise. Voici, selon moi, les 5 raisons qui nous poussent à croire que le bonheur et bien-être au travail est une vraie démarche positive pour l’entreprise.

 

Le bonheur au travail : 5 raisons d'y croire heureux au travail bien-être au travail chief happiness officer

 

1 – Le malheur au travail n’a aucun sens

Il est important de se demander pourquoi chercher à mettre en œuvre le bonheur professionnel. Si je devais être rationnel, j’étudierais les choix que nous avons. Et ils ne sont pas nombreux : le malheur, la neutralité ou le bonheur.

 

Le malheur au travail

La recherche du malheur de ses employés n’est pas aussi simple qu’il y parait. En effet, il nous faudrait avoir constamment des idées négatives pour accompagner nos équipes vers le malheur dans leur lieu de travail. Cela nous prendrait beaucoup d’énergie et de temps, car cela n’est pas forcément naturel. Au lieu d’un Chief Happiness Officer, nous devrions nommer un Chief Unhappiness Officer. Trouver la bonne personne est toujours un investissement en énergie important. Mais trouver la bonne « mauvaise personne » risque de devenir invivable.

Ainsi, nous obtiendrions de nos collaborateurs qu’ils soient tellement malheureux au travail, qu’ils risqueraient de ne plus avoir le plaisir de travailler. Il serait donc plus difficile d’être productifs. En plus, l’être humain a plutôt tendance à fuir le malheur. Il pourrait donc démissionner ou rester en arrêt maladie pour une très longue période . Nous voyons donc que le malheur au travail n’a que très peu de sens et ne provoquerait pas de bons résultats pour l’entreprise. Ce n’est pas une bonne idée.

 

La neutralité au travail

La recherche de la neutralité au travail consisterait à ne pas considérer le ressenti des salariés. Peu importe comment nos équipes se sentent, l’essentiel est d’atteindre les résultats. Ce mode de fonctionnement existe aujourd’hui dans l’organisation de travail. Cependant, en restant neutre concernant le ressenti de nos équipes, nous ne verrions pas les problèmes de motivation et leurs impacts sur les performances au travail  qu’ils peuvent avoir.

Sans prendre en considération le ressenti de nos équipes, nous ne pouvons donc pas comprendre pourquoi elles ont des difficultés ou n’atteignent pas certains objectifs. Cette méthode est utilisée mais ne permet pas de motiver les équipes et de garantir leur bien-être et performance. Le taylorisme en est un bon exemple. Le risque avec la neutralité au travail est plutôt de brider les résultats. En effet, tout le potentiel humain n’est pas mis en dynamique à cause du manque d’épanouissement des collaborateurs.

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Le bonheur au travail est une déduction logique et naturelle

Finalement, assez naturellement, la seule option valable serait de chercher à rendre nos équipes heureuses et de s’épanouir dans de bonnes conditions de travail. Rationnellement, nous n’avons pas le choix : le malheur n’est pas valable et la neutralité bride les résultats. De plus, instinctivement, l’homme tend à vouloir le bonheur plutôt que le malheur. Nous préférons qu’il nous arrive des choses positives plutôt que négatives. Nous préférons nous sentir bien plutôt que mal. C’est pourquoi les employés heureux de travailler sont, dans la plupart des cas, les employés les plus performants.

 

2 – Le bonheur au travail existe vraiment

Nous sommes tous allés faire les magasins, faire des démarches au sein d’une administration ou encore passer un entretien au sein d’une entreprise. Lorsque nous y sommes rentrés, nous y avons ressenti l’atmosphère qui y règne. Certaines fois, nous nous y sentons mal. D’autres fois, nous sentons un climat de travail sain. Il nous suffit d’observer l’attitude de l’équipe et des employés qui y travaillent pour comprendre comment le travail s’y déroule.

 

Nous pouvons sentir le manque d’envie

Nous pouvons rencontrer des équipes qui ne disent pas bonjour, qui regardent par terre et qui ne sont pas disponibles pour le client ou pour répondre à notre demande. Lorsque nous arrivons en caisse ou au comptoir, la file d’attente est interminable et la caissière ou l’employé n’a pas l’envie de nous sourire lorsque notre tour arrive. La souffrance au travail n’est jamais loin de la mauvaise ambiance au travail.

Nous pouvons aussi rencontrer des équipes prêtes à nous sauter dessus et à nous vendre l’objet dont nous avons le moins besoin. Tous les moyens sont bons pour nous faire sortir le portefeuille. L’objet est révolutionnaire et changera notre quotidien. Étrangement, le vendeur l’a déjà acheté. Cependant, il est plus sûr de prendre l’extension de garantie 3 ans. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver… L’hypocrisie et le mensonge sont bien présents.

 

Nous pouvons sentir le bonheur au travail

Enfin, souvent, il nous arrive de franchir la porte du magasin et de recevoir un sourire accompagné d’un bonjour. Les employés heureux travaillent de manière coordonnée et plaisantent entre eux. Nous sentons de la bonne humeur et un véritable engagement au travail. Les collaborateurs ont l’air heureux au travail. Les équipes sont là pour nous aider, mais se font suffisamment discrètes pour nous laisser le temps de regarder. Notre « shopping expérience » se déroule avec fluidité et nous passons un agréable moment. C’est certain, le bonheur au travail est présent au sein de ces équipes.

Nous le savons, car nous le voyons, mais aussi parce que nous le ressentons. D’ailleurs, le bonheur au travail est bien une question de ressenti. Il est difficilement quantifiable. Mais nous pouvons le ressentir lorsque nous voyons une bonne ambiance au travail.

 

3 – Le bonheur au travail fonctionne

Pourquoi le bonheur au travail fonctionne-t-il ?

Beaucoup d’entreprises cherchent le bonheur et le bien-être au travail de leurs employés : FAVI, Gore, Patagonia, Whole Foods, Holacracy, Sounds True, Morning Star, SOL ou encore Buurtzorg. Les salariés déclarent être heureux au travail. La plus grande implication des employés et leur responsabilisation donnent de bons résultats sur plusieurs années. Ils se sentent utiles et importants, ce qui est la source de leur bien-être et efficacité au travail. Le sentiment d’être utile est à la fois un facteur d’épanouissement mais garantit également la performance professionnelle.

De plus, l’anarchie ne règne pas dans l’organisation du travail (Paradigme Opale). En effet, chacun « veille » sur l’autre et chacun se sent responsable par rapport à l’autre. Les procédures pour améliorer les relations entre les personnes sont en place tout comme une gestion des conflits. Le bonheur au travail ne rend pas les employés moins exigeants. Au contraire, ils se sentent investis d’une mission grâce à un sentiment d’appartenance. Pour cela, la satisfaction du client est primordiale et les produits ou services doivent être irréprochables.

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Enfin, l’encadrement y trouve aussi sa place. Les managers et les leaders deviennent des coachs où leur écoute et leurs nouvelles méthodes permettent d’accompagner les équipes et  d’instaurer une bonne ambiance. Leur rôle évolue et se tend vers la satisfaction des employés. Ils sortent d’une fonction de contrôle peu valorisante, et prennent une posture d’accompagnant en aidant les collaborateurs à s’épanouir dans un environnement de travail positif. Pas forcément besoin d’un Chief Happiness Officer. La sincérité de l’implication de chacun dans la démarche suffit avec ou sans  responsable du bonheur.

 

Quelques chiffres sur le bonheur au travail

D’ailleurs, les résultats d’une démarche de bonheur au travail sont excellents. Le MIT l’a étudié et nous explique qu’un employé heureux dans son travail est 2 fois moins malade, 6 fois moins absent, 31% plus productif et 55% plus créatif. Une étude Gallup de 2017 va dans ce sens et nous dit qu’un employé engagé et heureux au travail permet de :

  • réduire l’absentéisme de 37%
  • diminuer le turnover de 65% (les départs des employés)
  • faire baisser les accidents de 48%
  • augmenter la productivité de 21%
  • donne une satisfaction client en hausse de 10%
  • la profitabilité de l’entreprise augmente de 22%

En effet, un salarié heureux au travail va être plus engagé dans son travail. Les deux notions sont très proches. C’est cette raison qui fait que le bonheur au travail ou le bien-être au travail sont extrêmement profitables non seulement pour l’employé, mais aussi pour l’entreprise.

 

4 – Le bonheur au travail est une démarche sincère

Le risque, lorsque nous souhaitons avoir une démarche de bonheur dans notre entreprise, se situe dans le manque de sincérité. En effet, nous venons de comprendre que les entreprises ont tout intérêt à se lancer dans ce type de démarche et à rendre plus heureux leurs employés au travail tout en mettant en place des conditions d’épanouissement professionnel adéquates.

Le risque est que si nous mettons en place une logique de bien-être au travail dans le seul et unique but de développer notre chiffre d’affaires, cela ne peut pas fonctionner. Par exemple, nous pourrions nommer un Chief Happiness Officer afin d’envoyer un message fort. Mais si nous ne lui donnons pas les moyens de réussir en termes de soutiens, de l’amélioration des conditions  de travail ou encore au niveau financier, il ne pourrait pas réussir.

En effet, il ne faut pas se tromper. Certaines fois, il faudra choisir entre le chiffre d’affaires à court terme et les valeurs. Si l’entreprise choisit le chiffre d’affaires, en bafouant les valeurs, elle viendra décrédibiliser la démarche. Les employés ne pourront pas comprendre. Les valeurs sont comme des règles du jeu. Si elles ne sont pas respectées, il ne peut plus y avoir de jeu.

Pour être sincère, le bien-être au travail ne doit pas être un objectif ou un moyen, mais bien une conviction profonde. C’est une des raisons d’être de l’entreprise. Il est prioritaire et permet d’acquérir l’engagement des salariés. C’est un postulat de base sur lequel nous ne pouvons pas déroger. Le bonheur au travail ne doit pas être instrumentalisé. Ainsi sera-t-il sincère.

Pour cette raison, les démarches de bonheur au travail, de création d’une atmosphère  de travail agréable ou de libération des entreprises doivent partir de l’actionnaire. Il doit en être convaincu, car dans tous les cas, il aura le dernier mot. Ses convictions sont primordiales pour le bon déroulement de la démarche.

 

5 – Les leaders commencent à ouvrir la voie

La vision et les convictions du (es) fondateur(s) ou de (s) actionnaire(s) sont primordiales. Nos organisations sont encore pyramidales. Celui qui est tout en haut est le garant, mais aussi à la source des valeurs de l’entreprise. Mettre en place le bien-être dépendra de sa volonté. Booster la motivation des salariés et mettre en place le bien-être dépendront de sa volonté.

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Sans feu vert du (es) fondateur(s) ou de (s) actionnaire(s), la mise en place d’une telle démarche est plus compliquée, mais possible au sein de son périmètre. Si nous sommes responsables d’un service, nous pourrons le déployer au sein de celui-ci. Il faudra faire attention à ne pas se faire court-circuiter par une personne au-dessus de nous dans la hiérarchie. Mais tant que les résultats sont là, la démarche fonctionnera. C’est la manière qui a été choisie par Franck Van Massenhove pour développer le bien-être au travail dans son ministère, celui de la sécurité sociale en Belgique.

Une fois la démarche lancée, tous les échelons hiérarchiques devront être garants du bien-être de leurs collaborateurs. Les exemples d’entreprises libérées mettant en œuvre une démarche de bonheur au travail sont extrêmement nombreux : FAVI, Gore, Patagonia, Whole Foods, Holacracy, Sounds True, Morning Star, SOL ou encore Buurtzorg.

Encore une fois, un Chief Happiness Officer ou un responsable du bonheur peut être utile si sa démarche est sincère et soutenue.

 

Chercher le bonheur de nos employés est la seule option pour les entreprises. Mais il faudra une attitude sincère pour s’assurer du succès de cette démarche. Pour plus d’information sur les nouveaux managements, je vous conseille le livre de Frédéric Laloux « Reinventing Organizations ».

Vous pouvez aussi consulter mon article que la Qualité de Vie au travail, en cliquant ici.

La chaine ARTE a aussi fait un excellent reportage sur le bonheur au travail.

 

Julien Godefroy

Julien Godefroy

Consultant Web en Management et Gestion du Temps

J’accompagne les managers à développer leurs compétences en management et en gestion du temps grâce à des articles, vidéos, ebooks, formations en ligne et coachings.

 


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