Le bonheur au travail est-il une arnaque ?

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Le thème du bonheur au travail se répand de plus en plus. L’idée de libérer nos équipes et de les rendre heureuses est très tentante. Les résultats des entreprises ayant cette démarche sont bons et les employés s’y sentent mieux. Pourtant, de nombreuses personnes peuvent témoigner qu’après leur entretien d’embauche, où il leur avait été promis monts et merveilles, la belle idylle n’a pas duré. Les valeurs affichées n’ont pas tenu et les promesses ont volé en éclat.

Aujourd’hui, une grande partie des entreprises ne sont pas libérées et fonctionnent sur le Paradigme Orange. Pourtant l’économie mondiale tourne toujours. Alors, le bonheur au travail ne serait-il pas un leurre pour attirer les talents ou les nouveaux clients en quête d’éthique ?

Je ne le pense pas.

 

Le bonheur au travail existe vraiment

Nous sommes tous allés faire les magasins. Nous avons déjà ressenti l’atmosphère qui y règne. Certaines fois, nous nous y sentons mal. D’autres fois, nous nous y sentons bien. Il nous suffit d’observer l’attitude de l’équipe pour comprendre comment le travail s’y déroule.

Nous pouvons rencontrer des équipes qui ne disent pas bonjour, qui regardent par terre et qui ne sont pas disponibles pour le client. Lorsque nous arrivons en caisse, la file d’attente est interminable et la caissière n’a pas l’envie de nous sourire lorsque notre tour arrive. Le malheur n’est pas loin.

Nous pouvons aussi rencontrer des équipes prêtes à nous sauter dessus et à nous vendre l’objet dont nous avons le moins besoin. Tous les moyens sont bons pour nous faire sortir le portefeuille. L’objet est révolutionnaire et changera notre quotidien. Étrangement, le vendeur l’a déjà acheté. Cependant, il est plus sûr de prendre l’extension de garantie 3 ans. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver… L’hypocrisie et le mensonge sont bien là.

Enfin, souvent, il nous arrive de franchir la porte du magasin et de recevoir un sourire accompagné d’un bonjour. Les équipes travaillent de manière coordonnée et plaisantent entre elles. Elles sont là pour nous aider, mais se font suffisamment discrètes pour nous laisser le temps de regarder. Notre « shopping expérience » se déroule avec fluidité et nous passons un agréable moment. C’est certain, le bonheur est présent au sein de ces équipes. Nous le savons, car nous le voyons, mais aussi parce que nous le ressentons.

 

Le malheur au travail n’a aucun sens

Maintenant que nous savons que le bonheur au travail existe, il est temps de se demander pourquoi chercher à ce qu’il soit présent au travail. Si je devais être rationnel, j’étudierais les choix que nous avons. Et ils ne sont pas nombreux : le malheur, la neutralité ou le bonheur.

La recherche du malheur de ses employés n’est pas aussi simple qu’il y parait. En effet, il nous faudra avoir constamment des idées malsaines pour accompagner nos équipes vers le malheur. Cela nous prendra beaucoup d’énergie et de temps. Les équipes seraient tellement malheureuses qu’elles risqueraient de ne pas venir au travail. Il serait donc plus difficile d’atteindre nos objectifs. En plus, l’être humain a plutôt tendance à fuir le malheur. Ce n’est pas une bonne idée.

La recherche de la neutralité consisterait à ne pas considérer le ressenti de nos équipes. Peu importe comment elles se sentent, l’essentiel est d’atteindre les résultats. Ce mode de fonctionnement existe toujours. Cependant, à rester neutre concernant le ressenti de nos équipes, nous ne verrons pas les problèmes de motivation qu’elles peuvent avoir. Nous ne pouvons donc pas comprendre pourquoi nous n’atteignons pas certains objectifs. Pourtant, cette méthode fonctionne. Le taylorisme en est un bon exemple. Le risque ici est plutôt de brider les résultats. En effet, tout le potentiel humain n’est pas mis en dynamique.

Finalement, assez naturellement, la seule option valable serait de chercher à rendre nos équipes heureuses. Rationnellement, nous n’avons pas le choix : le malheur n’est pas valable et la neutralité bride les résultats. De plus, instinctivement, l’homme tend à vouloir le bonheur plutôt que le malheur. Nous préférons qu’il nous arrive des choses positives plutôt que négatives. Nous préférons nous sentir bien plutôt que mal.

 

Le bonheur au travail fonctionne

Beaucoup d’entreprises cherchent le bonheur de leurs employés : FAVI, Gore, Patagonia, Whole Foods, Holacracy, Sounds True, Morning Star, SOL ou encore Buurtzorg. Les employés déclarent y être heureux. La plus grande implication des employés et leur responsabilisation donnent de bons résultats sur plusieurs années. Ils se sentent utiles et importants, ce qui est la source de leur bonheur.

De plus, l’anarchie ne règne pas au sein de ces entreprises (Paradigme Opale). En effet, chacun « veille » sur l’autre et chacun se sent responsable par rapport à l’autre. Les procédures pour améliorer les relations entre les personnes sont en place tout comme une gestion des conflits. Le bonheur au travail ne rend pas les employés moins exigeants. Au contraire, ils se sentent investis d’une mission et la satisfaction du client est primordiale. Les produits ou services doivent être irréprochables.

Enfin, l’encadrement y trouve aussi sa place. Les managers et les leaders deviennent des coachs où leur écoute et leurs nouvelles méthodes permettent d’accompagner les équipes. Ils sortent d’une fonction de contrôle peu valorisante, et prennent une posture d’accompagnant en aidant les collaborateurs à grandir. La satisfaction personnelle n’est pas des moindres.

Mais alors où se situe l’arnaque ?

 

Le bonheur doit être sincère

Le risque lorsque nous souhaitons avoir une démarche de bonheur dans notre entreprise se situe dans le manque de sincérité. Concrètement, si nous mettons en place une logique de bien-être dans le seul et unique but de développer notre chiffre d’affaires, cela ne peut pas fonctionner.

En effet, s’il faut choisir entre le chiffre d’affaires et les valeurs, alors l’entreprise choisira le chiffre d’affaires. C’est le cas des entreprises qui affichent des valeurs, mais qui ne les respectent pas au quotidien. Les employés ne pourront pas comprendre. Les valeurs sont comme des règles du jeu. Si elles ne sont pas respectées, il ne peut plus y avoir de jeu.

Pour être sincère, le bien-être ne doit pas être un objectif ou un moyen, mais une conviction profonde. C’est une des raisons d’être de l’entreprise. Il est prioritaire. C’est un postulat de base sur lequel nous ne pouvons pas déroger. Le bonheur ne doit pas être instrumentalisé. Ainsi sera-t-il sincère.

 

Les leaders doivent ouvrir la voie

La vision et les convictions du (es) fondateur(s) ou de (s) actionnaire(s) sont primordiales. Nos organisations sont encore pyramidales. Celui qui est tout en haut est le garant, mais aussi à la source des valeurs de l’entreprise. Mettre en place le bien-être dépendra de sa volonté.

Sans feu vert du (es) fondateur(s) ou de (s) actionnaire(s), la mise en place d’une telle démarche est plus compliquée, mais possible au sein de son périmètre. Si nous sommes responsables d’un service, nous pourrons le déployer au sein de celui-ci. Il faudra faire attention à ne pas se faire court-circuiter par une personne au-dessus de nous dans la hiérarchie. Mais tant que les résultats sont là, la démarche fonctionnera.

Une fois la démarche lancée, tous les échelons hiérarchiques devront être garants du bien-être de leurs collaborateurs.

 

Nous venons de le voir, chercher le bonheur de nos employés est la seule option pour les entreprises. Mais il faudra une attitude sincère pour s’assurer du succès de cette démarche.

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