Entreprise libérée : exemple concret

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La prochaine grande révolution de l’entreprise sera humaine. Laisser s’exprimer tout le potentiel humain sera la source d’une nouvelle croissance. Est-ce possible ? Oui, c’est certain. Quelques entreprises ont déjà commencé à libérer leurs équipes. Le plus incroyable c’est que les gens y sont plus heureux et les performances économiques y sont exceptionnelles. Nous verrons dans cet article « entreprise libérée : exemple concret », un exemple qui m’est personnellement arrivé.

Ainsi, dans cette nouvelle dynamique, le métier des leaders change. Avant, le chef devait tout savoir et décidait de tout. Désormais, la tendance est inverse : le leader accompagne ses équipes pour qu’elles développent leurs compétences et soient capables de décider elles-mêmes (même de leurs salaires !). Quand on y pense, c’est plus sain et plus efficace. Qui peut tout savoir ? Qui est capable de décider de tout ? En tout cas, ce n’est pas moi. Par conséquent, le leader est au service de ses équipes.

Le stade de développement des entreprises actuelles est normal. En effet, c’est un processus (voir mon article : « Entreprise opale et autres stades d’évolution »). Ce que sont les entreprises aujourd’hui n’est pas ce qu’elles seront demain. Mais voyons dès à présent, un exemple concret des prémices de ces changements. Il nous en est tous arrivé. En voici un que je vous partage.

Même s’il est plus modeste que ceux que nous pouvons trouver dans le livre d’Isaac Getz « Liberté & Cie » ou Frédéric Laloux « Reinventing Organizations », il montre que chacun d’entre nous en a vécu. Il faut donc poursuivre nos efforts pour les banaliser.

Entreprise libérée : exemple concret

 

1 – Entreprise libérée : exemple concret – Le contexte 

Lorsque je travaillais en magasin, dans la vente de vêtements, le nettoyage du magasin était un des principaux sujets. Nous externalisions cette prestation. Généralement, nous demandions de grandes prestations et voulions le prix le plus bas possible. Ce à quoi les entreprises répondaient : « oui, oui ». Nous signions donc des contrats, où, dès le début, il n’était pas possible pour l’entreprise de tenir ses engagements.

Lorsque j’ai ouvert mon premier magasin en tant que directeur, je voulais changer de logique. J’étais prêt à payer ce qu’il fallait. Je voulais que la prestation puisse être effectuée convenablement pour que les personnes chargées du nettoyage du magasin aient le temps de tout faire. J’appréciais aussi que les produits utilisés soient plus respectueux de l’environnement.

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J’ai contacté cinq entreprises. Une seule eut la même philosophie que moi. Le prix était logiquement un peu plus cher que les autres. Mais de cette manière, je m’assurais d’avoir une prestation de qualité. Les clients trouveraient un magasin propre et il ne serait pas nécessaire de contrôler la prestation tous les matins. Ce serait bon pour le chiffre d’affaires et notre efficacité. J’ai signé et les résultats de la prestation répondaient à mes attentes.

Les relations entre mes équipes et les deux personnes entretenant le magasin (je les appellerai Nathalie et Christine) étaient excellentes. Elles se sentaient comme faisant partie de l’équipe et avaient le respect de tout le monde. C’est précisément lorsque chacun se sent respecté et sent contribuer à la réussite commune que chaque personne fait pleinement preuve de responsabilité.

 

2 – La situation exceptionnelle

Un matin, un de mes employés (je l’appellerai Damien) dont les horaires avaient été changés à la dernière minute ne se présente pas à 9 h 30. Malheureusement, ce jour-là, seulement lui et moi devions être présents à 9 h 30 pour l’ouverture du magasin. Je décide de l’appeler. Il me dit qu’il croyait commencer à 10 h et qu’il part immédiatement de chez lui. Je comprends que je vais être tout seul pendant environ 30 minutes.

Le magasin faisait 2 000 m2. Même si le trafic n’est pas très fort le matin, c’est toujours délicat de se retrouver tout seul. Je me poste à la caisse/accueil du magasin, dis bonjour aux quelques clients qui entrent et essaie de rester calme. Nathalie et Christine passent devant moi pour me dire au revoir. Elles arrivaient le matin à 8 h 30 et quittaient le magasin à 9 h 30, au moment de l’ouverture.

 

3 – Entreprise libérée : exemple concret – Le premier miracle

C’est alors que le miracle arrive. Nathalie se retourne et me dit : « Mais vous êtes tout seul Julien », ce à quoi je réponds : « Oui, malheureusement Nathalie ». Elle me dit : « Ce n’est pas possible que vous restiez seul. Nous allons attendre que Damien arrive. De toute façon, j’ai vu que la réserve méritait un coup de balai ».

Je précise que nettoyer la réserve ne faisait pas partie de leur contrat tout comme de rester après 9 h 30. J’étais soulagé et leur étais très reconnaissant. Elles partirent s’occuper de la réserve.

Cependant, les problèmes continuèrent. En effet, cinq minutes après, Christine vient me voir et me signale qu’un camion vient de se garer derrière la réserve. La livraison venait d’arriver. J’étais livré tous les matins entre 10 h 30 et 11 h 30. Ce fut la seule et unique fois en 3 ans où je fus livré à 9 h 35.

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Au même moment, une cliente s’approche de ma caisse avec des articles. Il est aussi très rare d’encaisser une personne à 9 h 35 alors que le magasin ouvre à 9 h 30.

 

4 – Le deuxième miracle

Je devais surveiller le magasin, encaisser une cliente et réceptionner la livraison. Mais lorsque des employés, même d’une entreprise extérieure, se sentent impliqués dans la vôtre, alors nous devenons invincibles !

Christine me propose d’aller en caisse le temps que j’aille en réserve réceptionner la livraison. Je lui demande comment elle va faire, car elle ne sait pas l’utiliser. « Ce n’est pas grave », me dit-elle, d’un ton assuré, « Je vais discuter avec la cliente ».

Je pars donc en réserve, ouvre la porte avec mon badge pour que le livreur puisse décharger et je demande à Nathalie si elle veut bien superviser le déchargement du camion. Elle accepte volontiers.

Je retourne en caisse où je retrouve Christine et notre cliente en train de discuter avec le grand sourire. Je commence à encaisser la cliente tout en m’excusant. La cliente comprend tout à fait et semble avoir passé un excellent moment avec Christine.

Il est 9 h 50, Damien arrive et prend la caisse. Je retourne en réserve, où je retrouve le chauffeur, Nathalie et Christine, en train de discuter. Je n’ai plus qu’à signer le bordereau de livraison. Tout est rentré dans l’ordre !

 

Entreprise libérée : exemple concret – La conclusion

Dans la plupart des organisations actuelles, chacun a sa Job Description et la respecte scrupuleusement. Lorsque nous sommes respectés, responsabilisés, que nous comprenons pourquoi nous faisons les choses et que nous avons l’autonomie de le faire, alors les comportements changent. Ainsi, Nathalie et Christine ne m’auraient jamais aidé sans tout cela. Encore une fois, merci à elles.

Tout aurait pu dégénérer avec cette livraison arrivée plus tôt tout comme la cliente qui avait fait ses achats rapidement. En réalité, ces événements nous ont rapprochés et rendus plus forts. C’est un cercle vertueux qui s’était mis en place. Nos équipes sont capables d’aller plus loin que leur Job Description. À nous de leur en laisser l’occasion. Pour cela, il faut libérer nos équipes. J’espère que cet article « entreprise libérée : exemple concret » vous aura aidé.


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