La sociocratie en entreprise : les 4 règles de gestion en sociocratie

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Étymologiquement, le mot sociocratie vient du latin « socius » qui veut dire compagnon ou associé et du grec « kratos » qui signifie pouvoir ou autorité. La sociocratie est un mode de gouvernance où le pouvoir est exercé par l’ensemble de la société. Tous les membres de l’organisation prennent les décisions stratégiques, permettant à cette dernière de s’auto-organiser.

Il s’agit notamment d’un concept élaboré par le philosophe français et père du positivisme, Auguste Compte, qui cherche à différencier la démocratie de la vraie sociocratie. Avec la démocratie, le pouvoir est détenu par le peuple « demos ». La différence avec la démocratie vient du fait que ces personnes ne partagent pas de relations significatives entre elles.

L’ingénieur hollandais, Gerard Endenburg a développé le mode sociocratique moderne. Il constitue notamment un modèle de management participatif, qui fonctionne à partir de quatre règles : le consentement, l’organisation en cercles, le double lien et l’élection sociocratique. Zoom sur ce mode de gouvernance.

La sociocratie en entreprise : les 4 règles de gestion en sociocratie

 

La sociocratie, un mode de gouvernance historique

C’est au début du XIXe siècle que le philosophe français et père de la sociologie, Auguste Compte invente le mot « sociocratie ». Dans le sens littéral du terme, sociocratie signifie « gouvernement des associés ». Il constitue un mode de gouvernance dans lequel un ensemble de personnes partagent une même vision, les mêmes règles de fonctionnement, une seule mission et des objectifs qu’ils définissent et qui sont à réaliser ensemble.

Kees Boeke, pédagogue et psychosociologue hollandais, reprend le terme « sociocratie » et réalise une expérimentation au sein de la Werkplaats Community School en Hollande. Pour décrire ce mode d’organisation, il s’appuie sur trois règles de fonctionnement :

  • la prise en considération des intérêts de tous les membres et l’acceptation de chacun à se soumettre aux intérêts de la communauté ;
  • l’adoption d’une solution uniquement après le consentement de ceux qui vont la mettre en œuvre ;
  • la volonté de chacun à agir conformément aux décisions prises par l’ensemble de l’organisation.

Étudiant de cette école en Hollande, Gerard Endenburg est devenu ingénieur en électromécanique et décide de recréer ce mode d’organisation au sein de l’entreprise familiale dont il a hérité. Cependant, les règles de fonctionnement formulées par Kees Boeke ne peuvent pas être utilisées au sein d’une entreprise. En effet, il devait prendre en considération les intérêts de toutes les parties prenantes, y compris les investisseurs et les employés pour garantir l’atteinte des objectifs et prendre des décisions stratégiques.

Endenburg s’inspire ainsi sur le fonctionnement des organismes vivants pour permettre à son entreprise de s’auto-organiser à son tour. Ce mode d’organisation va permettre à chacun d’y prendre part en organisant l’équivalence entre eux. Il s’agit d’un mode de fonctionnement qui se base sur la contribution de tous les membres.

 

Qu’est-ce que la sociocratie ?

La sociocratie, telle que nous la mettons en pratique aujourd’hui, repose sur le principe de l’auto-organisation. Il s’agit d’un mode de gouvernance et d’organisation qui permet de trouver un nouvel équilibre et d’accorder à chacun le droit de consentir ou non à une décision. La sociocratie est notamment nécessaire au bon fonctionnement d’une entreprise ou d’une organisation. Elle résout entre autres les questions managériales et définit les modalités de travail des équipes.

La méthode sociocratique selon Endenburg prend en compte trois fonctions qui coopèrent pour instaurer l’équilibre :

  • l’orientation qui sert à fixer un objectif ;
  • l’exécution qui permet de réaliser l’objectif ;
  • la mesure permettant d’évaluer l’écart entre l’objectif et son exécution.
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Quelles sont les règles de la sociocratie ?

Les règles sociocratiques contribuent efficacement au développement d’une entreprise ou d’une organisation. Elles reposent notamment sur les principes de l’équivalence entre chaque membre lors de la prise de décision, la référence à un objectif ou un projet partagé ainsi que la mise en place d’un dispositif de contrôle qui permet d’évaluer l’atteinte des objectifs. 

En effet, la sociocratie repose sur 4 règles de fonctionnement qui maintiennent la coopération en place :

  • La structure en cercle. La structure sociocratique se superpose à la structure hiérarchique en mettant en place un mode organisationnel vertical et horizontal.
  • Le double lien. Elle permet d’assurer une communication ascendante et descendante entre les cercles, définissant les limites et les besoins des membres sur le terrain.
  • Le mode de décision par consentement. Dans une organisation sociocratique, les décisions stratégiques sont prises par consentement.
  • L’affectation des membres par consentement. Chaque fonction est attribuée sur la base de consentement pour remplir les missions et atteindre les objectifs au sein d’une équipe sociocratique.

 

Comment mettre en place la sociocratie ?

En installant l’équivalence des personnes et les trois fonctions au sein de l’entreprise, Gérard Endenburg a trouvé que la structure pyramidale traditionnelle était adaptée pour « exécuter » non pour « orienter ». Afin de prendre les décisions d’orientation concernant les objectifs, les règles de fonctionnement et le processus de travail, il fallait une structure adéquate. De ce fait, il a formulé quatre règles de fonctionnement issues de la cybernétique : le cercle, le consentement, le double lien et l’affection sociocratique.

 

La prise de décision par consentement

Dans une organisation ou une équipe sociocratique, le mode de prise de décision repose sur le consentement. Il se traduit par l’absence d’objection motivée et argumentée. En d’autres termes, cela signifie qu’aucune décision d’orientation ne peut se prendre tant qu’un des membres s’y oppose avec des arguments raisonnables et valables. La décision est validée une fois que toutes les objections sont levées. En effet, la règle du consentement favorise l’intelligence collective et accorde à chacun le droit et la responsabilité de consentir ou non à une décision. Elle permet ainsi de fixer les objectifs et de prendre les décisions qui permettent d’avancer dans leur réalisation.

 

Le cercle

Une structure sociocratique se constitue de cercles semi-autonomes et interreliés. Chaque cercle est constitué d’un groupe de personnes qui partagent une mission commune et une fonction précise. Au sein d’une entreprise, le conseil d’administration, la direction ou encore chaque service peut constituer différents cercles. 

Au plus haut niveau se trouvent les cercles qui représentent l’environnement le plus vaste de l’entreprise. Par exemple, il peut s’agir des investisseurs, des dirigeants ou des cadres. En effet, aucun cercle ne dispose pas d’une autonomie totale. Il s’avère indispensable de tenir compte des besoins des cercles supérieurs représentés par les maîtres d’exécution et des cercles inférieurs à travers le principe du double lien.

Chaque cercle fonctionne comme étant un sous-système de l’organisation. Ainsi, il met en place ses propres règles de fonctionnement. Il tient compte du consentement de ses membres ainsi que le responsable de l’unité. Il établit également un système d’information à travers des recherches expérimentales et l’apprentissage de ses membres. En bref, il définit ses propres objectifs, assure l’exécution du processus du travail et évalue les résultats.

 

Le double lien

Le principe du double lien permet de relier un cercle à celui qui lui est immédiatement supérieur. Deux personnes les relient : le responsable de l’unité et un membre choisi par consentement par l’équipe du cercle supérieur. Par l’effet du double lien, ces personnes sont membres du cercle supérieur.

 

L’affectation des membres par consentement

La délégation d’une tâche ou le choix d’une personne dans une fonction doit se faire par consentement. Chaque membre désigne notamment celui qui correspond aux qualifications requises pour le poste et doit argumenter son choix. De ce fait, la discussion s’avère ouverte dans le cercle avant de prendre une décision, toujours sur la base du consentement de chacun. Le fait qu’il n’y ait plus d’objections de la part des autres membres valide le candidat.

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Les impacts de la sociocratie sur l’organisation

Les structures sociocratiques mettent en place un mode organisationnel basé sur la coopération. La clé de la réussite de ses organisations et entreprises réside notamment dans le système d’équivalence, la communication et le processus de prise de décision. Ces principes permettent entre autres de favoriser le sentiment d’appartenance de chaque membre et la mobilisation des équipes. Ils contribuent également à améliorer les relations entre les membres.

Pour les organisations, la sociocratie permet d’accroître l’efficacité des décisions prises grâce à la règle du consentement. Elle favorise également l’adaptabilité de la structure et la flexibilité de l’organisation face aux changements. En outre, l’application de la méthode sociocratique permet d’améliorer l’engagement et l’implication des employés au sein d’une entreprise.

La mise en place de la sociocratie favorise petit à petit le développement d’une culture qui repose sur la coopération. Elle contribue à améliorer la créativité des membres d’une organisation et à résoudre également les problèmes. Dans une structure, la sociocratie est garante de l’auto-organisation des équipes et contribue à la pérennité du travail.

 

Julien Godefroy

Julien Godefroy

Consultant et Formateur en Management et Gestion du Temps

J’accompagne les managers à développer leurs compétences en management et en gestion du temps grâce à des articles, vidéos, ebooks, formations en ligne et coachings.


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