Les différentes émotions pour mieux comprendre nos équipes

N'hésitez pas à partager cet article :
  • 57
    Partages

Connaitre les différentes émotions est essentiel afin d’être le plus pertinent possible dans notre management. En effet, nous manageons des êtres humains qui réagissent à travers leurs émotions. Si nous savons mieux lire les émotions, nous comprenons mieux dans quel état d’esprit est notre collaborateur. Ainsi, nous pouvons mieux réagir pour l’accompagner et lui permettre de rester motivé.

Trop longtemps, nous avons pu croire qu’il fallait se couper de nos émotions au travail. Elles pouvaient être considérées comme inappropriées dans le monde professionnel. Ainsi, si nous nous énervions à cause de notre colère, nous allions forcément avoir des mots déplacés et recevoir de la rancœur de nos collègues pendant plusieurs jours. Si nous avions peur, nous pouvions passer pour des faibles incapables de réaliser notre mission. Pleurer était inconcevable.

Cependant, nous sommes câblés avec des émotions. C’est ainsi. Nous sommes des humains. C’est donc en retenant nos émotions, en nous frustrant, que tout dérape. La colère n’est pas forcément violente. Cependant, des colères non exprimées durant plusieurs mois voire plusieurs années peuvent en effet finir par nous mettre dans un état de rage incontrôlable. Ce n’est donc pas la colère en elle-même, mais bien ça « non-expression » qui finit par être dramatique.

Si nous avons des émotions, ce n’est pas pour rien et elles nous sont très utiles. Les 4 différentes émotions sont :

  • Peur
  • Colère
  • Tristesse
  • Joie

Les différentes émotions sont comme un système de guidage. En effet, suivant les situations qui surviennent dans notre vie, des émotions se déclenchent en nous. Elles sont là pour nous indiquer la manière dont nous avons vécu cette situation et comment nous pouvons y faire face. En effet, les émotions sont un véritable moteur qui nous pousse à agir. Voici les 4 émotions fondamentales et ce qu’elles signifient.

Les différentes émotions pour mieux comprendre nos équipes

1 – La peur : lorsqu’un danger est là

Nous sommes en train de faire une randonnée. Nous marchons actuellement dans de hautes herbes. Soudain, nous entendons un bruit étrange. Quelque chose a bougé à côté de nous. Notre rythme cardiaque s’accélère, notre vision s’affute et nos muscles se gonflent. Nous sommes prêts à courir ou à affronter le danger. Un serpent apparait à nos pieds. Nous nous mettons à courir et nous avons pu rester en vie sans nous blesser. Grâce à la peur, nous avons pu surmonter le danger et survivre.

Ce qui est intéressant, c’est que le même mécanisme existe professionnellement. Imaginons que nous ayons un gros challenge à relever. En effet, nous sommes des vendeurs de cartables. Dans 3 mois, c’est la rentrée des classes et nous n’avons toujours rien préparé. Cette opération commerciale représente 65 % de nos ventes annuelles. La peur nous envahit, car nous sommes en retard et un challenge important nous attend. De la même manière, notre rythme cardiaque va commencer à s’accélérer, notre vision et nos sens vont s’affuter. Nous allons être orientés à 100 % vers l’objectif. Notre corps va puiser dans ses réserves pour nous donner toute l’énergie nécessaire pour affronter ce challenge.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Intelligence interpersonnelle au travail : utiliser les émotions

Ainsi, les différentes émotions sont là pour nous aider à réagir par rapport à une situation qui nous arrive. La peur nous aide à affronter les dangers. Elle va stimuler notre corps et notre esprit pour pouvoir affronter le danger. Nous pouvons avoir 3 manières d’y répondre : fuir, nous figer et combattre.

 

2 – La colère : si nos valeurs ou nous-mêmes ne sommes pas respectés

 

Un exemple de tous les jours

Vous êtes en train de rouler tranquillement en voiture sur une route prioritaire. Tout à coup, un autre automobiliste venant d’une rue sur votre droite vous coupe la route à toute allure. Tous les symptômes de la peur surgissent (le cœur bat plus vite pour envoyer plus de sang et d’énergie dans votre corps, la vision s’affute, etc.).

Ensuite, la colère arrive et tous les noms d’oiseaux fusent à l’encontre de ce « chauffard ». Bien évidemment, nous considérons que c’est lui l’imbécile, car nous étions sur une route prioritaire. Entre deux insultes, des bruits de Klaxon se font entendre. Jusqu’au soir, nous ne décolérons pas.

Est-ce que la colère serait une émotion étrange dont la motivation serait de nous pousser à être grossiers ? Pas tout à fait.

Dans les différentes émotions, la colère apparait lorsque nos valeurs sont bafouées ou que nous ne nous sentons pas respectés. Elle surgit pour rééquilibrer la balance et regagner du respect par rapport à notre système de valeur et à nous-mêmes. En insultant le chauffard, nous l’abaissons comme il nous a abaissés en nous coupant la route.

En l’insultant, nous avons l’énergie de nous prouver à nous-mêmes et de prouver à l’autre que nos valeurs, qui sont de respecter le Code de la route, sont bien meilleures que de ne pas le respecter. Il ne serait donc pas étonnant que nous sortions de notre voiture au prochain feu rouge pour échanger de vive voix avec le chauffard et lui expliquer, avec beaucoup d’aplomb et de conviction, que nous avons raison et qu’il a tort ! Nous devons rétablir la balance. Il en va de notre santé mentale, de nos valeurs et de notre respect.

 

Un exemple professionnel

Il en est de même au travail. Un de nos collègues ne nous a pas donné en temps et en heure des informations très importantes. Nous en avions vraiment besoin pour une présentation devant le comité de direction. Nous ne nous sentons pas respectés et/ou nous ne sommes pas d’accord avec ce mode de fonctionnement ou ces valeurs.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Intelligence émotionnelle au travail : comment l’utiliser ?

La colère va nous donner l’énergie nécessaire pour aller voir ce collègue et remettre les choses à plat. Lorsque nous n’enfouissons pas nos colères successives au fond de nous, les colères ne sont pas forcément des explosions. Nous pouvons très bien aller voir un collègue sous le coup de la colère et ensuite nous exprimer calmement. La colère aura simplement été le déclencheur.

Ensuite, le protocole de Communication Non Violente doit prendre le relais. Il est disponible dans mon article « Gestion de conflit en entreprise : 3 méthodes efficaces ». IL est vrai que nous avons le droit d’être en colère. Pour autant, nous pouvons faire attention à notre attitude et propos. Cliquez ici pour découvrir comment mieux gérer la colère.

 

3 – La tristesse : s’il y a un manque

Pleurer c’est accepter. Ce n’est pas une faiblesse comme nous pouvons l’entendre trop souvent. Bien au contraire. Lorsque nous pleurons, nous faisons le deuil de ce qui ne sera plus. Dans les différentes émotions, la tristesse nous permet de prendre conscience essentielle pour se projeter vers l’avant. En effet, nous réalisons que certaines choses vont nous manquer. Nous pleurons pour évacuer cette douleur et ensuite nous sommes prêts à construire quelque chose de nouveau.

Le deuil est le meilleur exemple. Souvent, nous pouvons nous empêcher de pleurer pour ne pas paraitre faibles ou nous persuader que nous sommes forts. Cependant, nous nous sanctionnons deux fois. Premièrement, nous avons perdu un être cher. Nous sommes donc dans une situation difficile. Deuxièmement, au lieu de comprendre naturellement ce qui se passe et réaliser ce que nous avons perdu, nous enfouissons tout cela au plus profond de nous. Nous restons donc bloqués dans la situation de manque et n’arrivons plus à avancer.

Dans ce genre de situation, pleurer va nous pousser à agir. Une fois que nous aurons réalisé ce qui s’est passé, nous serons prêts à avancer et à construire de nouveau.

Certaines fois lors d’une rencontre managériale, il m’est arrivé que l’un de mes employés pleure lorsque je pouvais refuser une augmentation ou une évolution. La personne avait besoin de pleurer pour bien accepter et comprendre la situation et ensuite retrouver l’énergie d’avancer et de se battre. Une réaction tout à fait normale, mais qui, en tant que manager, peut nous mettre dans l’embarras.

 

4 – La joie : si un besoin est satisfait

Dans les différentes émotions, la joie survient lorsque nous avons satisfait un besoin. Nous nous sentons bien et la joie nous donne l’énergie pour faire deux choses. La première est de nous pousser à refaire ce qui nous a rendus joyeux. La joie nous indique que cette action est bonne pour nous. Nous avons eu une émotion positive et cherchons donc à la reproduire.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Comment contrôler sa colère ou celle d’un salarié ?

Par exemple, nous avons passé une bonne soirée avec des amis autour d’un bon repas. Nous avons satisfait des besoins physiques à travers une bonne nourriture et des besoins psychologiques en discutant avec de bons amis. Cela nous a rendus joyeux et lorsque nous rentrons chez nous, nous pensons déjà à la prochaine soirée que nous pourrions faire.

La joie est aussi une émotion qui nous pousse à communiquer avec les autres. Ne vous est-il jamais arrivé, lorsque vous avez fait quelque chose qui vous a rendu heureux, d’en discuter avec votre conjoint, vos amis et collègues de travail ? Lorsque nous sommes joyeux, nous avons envie d’en parler autour de nous. C’est une émotion très sociale. La joie nous pousse donc à reproduire ce qui a été fait et à communiquer avec les autres.

Au travail, la joie s’exprime aussi souvent. Nous avions une présentation importante à faire. Elle s’est très bien déroulée. Cela nous a rendus joyeux. Nous aurons donc tendance à refaire de la même manière la prochaine fois.

Autre exemple : nous avons résolu le problème d’un client qui nous a profondément remerciés. Nous sommes heureux et ferons surement de la sorte la prochaine fois. Les exemples ne manquent pas et la joie qu’ils nous procurent nous indique les chemins à suivre pour réussir.

 

En conclusion sur les différentes émotions

Pour résumer, il faut retenir que chaque personne réagit en fonction de ses émotions. Au lieu de nier les différentes émotions, il est plus judicieux de réaliser qu’elles sont là.

Nous pouvons mieux comprendre les autres si nous cherchons les différentes émotions qui sont en train de l’animer. Lorsque la joie est présente, tout va bien. Si nous détectons de la peur, c’est un danger. Si de la colère est présente, c’est que la personne ne se sent pas respectée ou qu’elle n’est pas en accord sur le plan des valeurs. Enfin, la tristesse est présente en cas de manque. Toutes ses informations sont essentielles, car elles nous permettent d’agir pour aider nos équipes à être encore plus motivées et efficaces.

Afin d’aller plus loin, je vous propose de vous rendre sur mon article « Intelligence émotionnelle au travail : comment l’utiliser ? »


N'hésitez pas à partager cet article :
  • 57
    Partages
  • 57
    Partages

Une pensée sur “Les différentes émotions pour mieux comprendre nos équipes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :