Les différentes émotions pour mieux comprendre nos équipes

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Les différentes émotions pour mieux comprendre nos équipesConnaitre les différentes émotions est essentielle afin d’être le plus pertinent possible dans notre management. En effet, nous manageons des êtres humains qui réagissent à travers leurs émotions. Si nous savons mieux lire les émotions, nous comprenons mieux dans quel état d’esprit est notre collaborateur. Ainsi, nous pouvons mieux réagir pour l’accompagner et lui permettre de rester motivé.

Je vous propose de consulter mon article « Un outil du manager : le coaching » afin d’illustrer à quel moment, lors de nos entretiens, il est essentiel de bien connaitre les différentes émotions.

Trop longtemps, certains ont voulu nous faire croire qu’il fallait se couper de nos émotions au travail. Elles pouvaient être considérées comme inappropriées dans le monde professionnel. Ainsi, si nous nous énervions à cause de notre colère nous pouvions avoir des mots déplacés et recevoir la rancœur de nos collègues pendant plusieurs jours. Si nous avions peur, nous pouvions passer pour des faibles incapables de réaliser notre mission. Pleurer était inconcevable.

Cependant, si nous avons des émotions, ce n’est pas pour rien. Les nier est un non-sens. En effet, nous sommes câblés avec des émotions. C’est ainsi. Nous sommes des humains. C’est donc en retenant nos émotions, en nous frustrant, que tout dérape. La colère n’est pas forcément violente. Cependant, des colères non exprimées durant plusieurs mois voire plusieurs années peuvent en effet finir par nous mettre dans un état de rage incontrôlable. Ce n’est donc pas la colère en elle-même, mais bien ça « non-expression » qui finit par être dramatique.

Les différentes émotions pour mieux comprendre nos équipes

 

1 – Quelles sont les différentes émotions de base ?

Il existe beaucoup de littérature sur les émotions. Je vais rester simple et concret. En tant que manager, notre but n’est pas d’être un expert des émotions, mais simplement de les comprendre. Voici les différentes émotions :

La Peur
La Colère
La tristesse
La Joie

2 – À quoi servent-elles ?

Les les différentes émotions sont comme un système de guidage. En effet, suivant les situations qui surviennent dans notre vie, des émotions se déclenchent en nous. Elles sont là pour nous indiquer comment nous avons vécu cette situation et comment réagir. En effet, les émotions sont un véritable moteur qui nous pousse à agir. Ainsi, si nous nions nos émotions, nous ne réagissons pas par rapport à la situation. Sans action, c’est la mort assurée au sens figuré… ou au sens propre.

3 – Quelles sont les significations de chaque émotion ?

 

a – La peur — Lorsqu’un danger est là.

Nous sommes en train de faire une randonnée. Nous marchons actuellement dans de hautes herbes. Soudain, nous entendons un bruit étrange. Quelque chose a bougé à côté de nous. Notre rythme cardiaque s’accélère, notre vision s’affute et nos muscles se gonflent. Nous sommes prêts à courir ou à affronter le danger. Un serpent apparait à nos pieds. Nous nous mettons à courir et nous avons pu rester en vie. Grâce à la peur, nous avons pu surmonter le danger et survivre.

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Ce qui est intéressant, c’est que le même mécanisme existe professionnellement. Imaginons que nous ayons un gros challenge à relever. En effet, nous sommes des vendeurs de cartables. Dans 3 mois, c’est la rentrée des classes et nous n’avons toujours rien préparé. Cette opération commerciale représente 65 % de nos ventes annuelles. La peur nous envahit, car nous sommes en retard et un challenge important nous attend. De la même manière, notre rythme cardiaque va commencer à s’accélérer, notre vision et nos sens vont s’affuter. Nous allons être orientés à 100 % vers l’objectif. Notre corps va puiser dans ses réserves pour nous donner toute l’énergie nécessaire pour affronter ce challenge.

Ainsi, les différentes émotionss sont là pour nous aider à réagir par rapport à une situation qui nous arrive. La peur nous aide à affronter les dangers.

 

b – La colère – Si nos valeurs ou nous-mêmes ne sommes pas respectés.

 

Un exemple de tous les jours

Vous êtes en train de rouler tranquillement en voiture sur une route prioritaire. Tout à coup, un autre automobiliste venant d’une rue sur votre droite vous coupe la route à toute allure. Tous les symptômes de la peur surgissent (le cœur bat plus vite pour envoyer plus de sang et d’énergie dans votre corps, la vision s’affute, etc. maintenant nous connaissons bien le processus.

Ensuite, la colère arrive et tous les noms d’oiseaux fusent à l’encontre de ce « chauffard ». Bien évidemment, nous considérons que c’est lui l’imbécile, car nous étions sur une route prioritaire. Entre deux insultes, des bruits de Klaxon se font entendre. Jusqu’au soir, nous ne décolérons pas.

Est-ce que la colère serait une émotion étrange dont la motivation serait de nous pousser à être grossiers ? Pas tout à fait.

La colère apparait lorsque nos valeurs sont bafouées ou que nous ne nous sentons pas respectés. Elle surgit pour rééquilibrer la balance et regagner du respect par rapport à notre système de valeur et à nous-mêmes. En insultant le chauffard, nous l’abaissons comme il nous a abaissés en nous coupant la route. En l’insultant, nous avons l’énergie de nous prouver à nous-mêmes et de prouver à l’autre que nos valeurs, qui sont de respecter le Code de la route, sont bien meilleures que de ne pas le respecter. Il ne serait donc pas étonnant que nous sortions de notre voiture au prochain feu rouge pour échanger de vive voix avec le chauffard et lui expliquer, avec beaucoup d’aplomb et de conviction, que nous avons raison et qu’il a tort ! Nous devons rétablir la balance. Il en va de notre santé mentale, de nos valeurs et de notre respect.

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Un exemple professionnel

Il en est de même au travail. Un de nos collègues ne nous a pas donné en temps et en heure des informations très importantes. Nous en avions vraiment besoin pour une présentation devant le comité de direction. Nous ne nous sentons pas respectés et/ou nous ne sommes pas d’accord avec ce mode de fonctionnement, ces valeurs. La colère va nous donner l’énergie nécessaire pour aller voir ce collègue et remettre les choses à plat. Lorsque nous n’enfouissons pas nos colères successives au fond de nous, les colères ne sont pas forcément des explosions. Nous pouvons très bien aller voir un collègue sous le coup de la colère et ensuite nous exprimer calmement. La colère aura simplement été le déclencheur. Ensuite, le protocole de Communication Non Violente doit prendre le relais. Il est disponible dans mon article « Gestion de conflit en entreprise : 3 méthodes efficaces ».

 

c – La tristesse – L’acceptation du manque pour préparer le renouveau.

Pleurer c’est accepter. Ce n’est pas une faiblesse comme nous pouvons l’entendre trop souvent. Bien au contraire. Lorsque nous pleurons, nous faisons le deuil de ce qui ne sera plus. C’est une prise de conscience essentielle pour se projeter vers l’avant. En effet, nous réalisons que certaines choses vont nous manquer. Nous pleurons pour évacuer cette douleur et ensuite nous sommes prêts à construire quelque chose de nouveau.

Le deuil est le meilleur exemple. Souvent, nous pouvons nous empêcher de pleurer pour ne pas paraitre faibles ou nous persuader que nous sommes forts. Cependant, nous nous sanctionnons deux fois. Premièrement, nous avons perdu un être cher. Nous sommes donc dans une situation difficile. Deuxièmement, au lieu de comprendre naturellement ce qui se passe et réaliser ce que nous avons perdu, nous enfouissons tout cela au plus profond de nous. Nous restons donc bloqués dans la situation de manque et n’arrivons plus à avancer.

Dans ce genre de situation, pleurer va nous pousser à agir. Une fois que nous aurons réalisé ce qui s’est passé, nous serons prêts à avancer et à construire de nouveau.

Certaines fois lors d’une rencontre managériale, il m’est arrivé que l’un de mes employés pleure lorsque je pouvais refuser une augmentation ou une évolution. La personne avait besoin de pleurer pour bien accepter et comprendre la situation et ensuite retrouver l’énergie d’avancer et de se battre. Une réaction tout à fait normale, mais qui, en tant que manager, peut nous mettre dans l’embarras.

 

d – La joie – Si un besoin est satisfait.

La joie survient lorsque nous avons satisfait un besoin. Nous nous sentons bien et la joie nous donne l’énergie pour faire deux choses. La première est de nous pousser à refaire ce qui nous a rendus joyeux. La joie nous indique que cette action est bonne pour nous. Nous avons eu une émotion positive et cherchons donc à la reproduire. Par exemple, nous avons passé une bonne soirée avec des amis autour d’un bon repas. Nous avons satisfait des besoins physiques à travers une bonne nourriture et des besoins psychologiques en discutant avec de bons amis. Cela nous a rendus joyeux et lorsque nous rentrons chez nous, nous pensons déjà à la prochaine soirée que nous pourrions faire.

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La joie est aussi une émotion qui nous pousse à communiquer avec les autres. Ne vous est-il jamais arrivé, lorsque vous avez fait quelque chose qui vous a rend heureux, d’en discuter avec votre femme, tous vos amis et collègues de travail ? Lorsque nous sommes joyeux, nous avons envie d’en parler autour de nous. C’est une émotion très sociale. La joie nous pousse donc à reproduire ce qui a été fait et à communiquer avec les autres.

Au travail, la joie s’exprime aussi souvent. Nous avions une présentation importante à faire. Elle s’est très bien déroulée. Cela nous a rendus joyeux. Nous aurons donc tendance à refaire de la même manière la prochaine fois.

Autre exemple : nous avons résolu le problème d’un client qui nous a profondément remerciés. Nous sommes heureux et ferons surement de la sorte la prochaine fois. Les exemples ne manquent pas et la joie qu’ils nous procurent nous indique les chemins à suivre pour réussir.

 

En conclusion sur les différentes émotions

Pour résumer, il faut retenir que chaque personne réagit en fonction de ses émotions. Au lieu de nier les différentes émotions, il est plus judicieux de réaliser qu’elles sont là. Nous pouvons mieux comprendre les autres si nous cherchons les différentes émotions qui sont en train de l’animer. Lorsque la joie est présente, tout va bien. Si nous détectons de la peur, c’est un danger. Si de la colère est présente, c’est que la personne ne se sent pas respectée ou qu’elle n’est pas en accord sur le plan des valeurs. Enfin, la tristesse est présente en cas de manque. Toutes ses informations sont essentielles, car elles nous permettent d’agir pour aider nos équipes à être encore plus motivées et efficaces. Afin d’aller plus loin, je vous propose de vous rendre sur mon article “L’intelligence émotionnelle au travail : pour savoir réagir face à nos équipes”.


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