Patagonia, entreprise libérée et écolo – 1ère partie

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PatagoniaLet my people go surfing ! Un vrai surfeur va surfer lorsque les vagues, la marée et le vent sont au rendez-vous. Patagonia, entreprise sportive, symbolise par cette devise, le fait qu’elle laisse ses salariés gérer leur temps comme ils le souhaitent. L’important est que le travail soit effectué et que ce soit sans conséquences négatives sur les autres. Patagonia peut ainsi attirer les personnes sportives qui aiment la liberté, à savoir les personnes partageant ses propres valeurs.

Patagonia

 

 

1 – L’histoire de Patagonia

La naissance de Chouinard Equipment

Pour mieux comprendre Patagonia, il faut en savoir un peu plus sur son fondateur. Yvon Chouinard, américain né dans le Maine, déménagea avec ses parents pour aller vivre en Californie.Très tôt, dès l’âge de 14 ans, commença à faire de l’escalade. C’est un passionné qui vit avec ses parents en Californie. Jugeant que les pitons qu’il utilise ne sont pas assez solides il décide en 1957 de fabriquer son propre matériel. Il se met à produire des pitons et des mousquetons réutilisables.

En 1965, il s’associe avec Tom Frost, grimpeur et ingénieur en aéronautique. La production devient industrielle. En 1970, la société Chouinard Equipment devient le premier fournisseur de matériel d’escalade des États-Unis. Cependant, Yvon Chouinard se rend compte que le matériel en acier fait des trous dans la roche. En effet, même si les pitons représentent la principale source de revenu de l’entreprise, la passion d’Yvon Chouinard est l’escalade. Il ne peut donc pas accepter de détruire la roche. Il décida donc d’arrêter la production de piton en acier.

 

La création de Patagonia

L’effet bénéfique de ce genre de décision est qu’elle stimule l’imagination et l’innovation. Ainsi, peu de temps après, Yvon Chouinard et son associé ont pu inventer et proposer des coinceurs en aluminium pour remplacer les pitons en acier qui abimaient la roche. Ils inventèrent la « Grimpe propre » et eurent un énorme succès.

Dans les années 1970, Chouinard se lança aussi dans la fabrication de vêtements d’escalade. Ceux-ci étaient très sobres à l’époque. Il introduit donc des vêtements colorés. Une grosse demande apparue dans le milieu de l’escalade. Pour continuer à se développer et ne pas associer ses vêtements qu’à l’escalade, il fallait trouver un autre nom à l’entreprise. Il choisit « Patagonia », car ce nom pouvait être prononcé dans plusieurs langues et représentait des contrées lointaines.

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Les 4 piliers de Patagonia

Quatre piliers définissent cette entreprise. Patagonia s’engage sur le concept du sport. Ce fut l’idée de départ qui persiste toujours à l’heure actuelle. Patagonia s’engage aussi à créer des produits qui respectent autant que possible l’environnement quitte à prendre des décisions radicales comme ce fût le cas avec les pitons. Patagonia veut aussi constamment trouver des designs originaux comme lorsqu’elle introduit plus de couleurs dans les vêtements de sport. Enfin, elle veut avoir une culture d’entreprise peu commune. La place de l’individu dans l’entreprise est très importante. Par exemple, les horaires sont flexibles pour permettre aux employés d’aller surfer lorsque les conditions le permettent. Certains services sont aussi rendus aux employés comme une garderie pour les enfants.

 

Patagonia aujourd’hui

Aujourd’hui, 2000 personnes travaillent pour cette entreprise. Elle réalise environ 540 millions de dollars de chiffre d’affaires. L’entreprise reverse 1 % de son chiffre d’affaires à des organisations non gouvernementales se consacrant à la protection de l’environnement (Membre de « 1% for the Planet ») et est engagée dans le domaine du recyclage des produits qu’elle commercialise.

Elle s’occupe de la recherche, du développement, du design, de la production, du marketing et de la vente de vêtements de plein air pour les adultes et les enfants, de sacs à dos et de sacs de voyages et plus récemment de planches de surf. Elle est présente dans une multitude de sports comme l’alpinisme, l’escalade sur de la roche ou de la glace, le surf, le ski, le snow-board, le kayak, le vélo et la pêche.

Mais son succès réside surtout dans la préservation de la diversité, de l’intégrité et de la beauté de la nature ainsi que dans la mobilisation de ses employés en les incitant à pratiquer des sports en rapport avec les valeurs de l’entreprise. Elle assume donc pleinement ses responsabilités économiques, sociales et environnementales. D’ailleurs, 20 % des consommateurs achètent des produits Patagonia pour son respect envers la nature.

 

2 – État d’esprit RH

L’entreprise a utilisé une gestion des ressources humaines qui repose sur la confiance de ses employés (en soi et en l’entreprise) et sur l’épanouissement de chacun dans un projet dont il est acteur. Ainsi, l’entreprise ne voit pas en ces employés qu’un moyen d’augmenter sa performance économique ; elle est aussi soucieuse de ce qu’elle leur apporte. Patagonia est dans une logique de coopération, de partenariat et de poursuite d’intérêt commun.

 

Patagonia et son recrutement

Lors du recrutement, Patagonia choisit volontairement des personnes ayant déjà une conscience environnementale développée. Cette sélection ne peut qu’engendrer par la suite plus de valeur. En effet, les postulants sélectionnés correspondent, avant même d’intégrer l’organisation, à la vision développement durable de l’entreprise et à ses valeurs. Ils doivent être passionnés par la nature et aimer les sports de plein air pour répondre à la culture d’entreprise. Ce sont des critères d’embauche.

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Ces employés seront par la suite plus motivés de travailler pour une entreprise consciente des problèmes environnementaux. Le fait que les salariés aiment et soient fiers de travailler au sein de Patagonia assure une meilleure productivité. Cette productivité est la conséquence de l’engagement personnel de l’individu dans l’entreprise. Par conséquent, ils créent plus de valeur. En effet, il est fier de ce qu’il produit donc les produits et les services sont de meilleure qualité. Il est plus motivé pour satisfaire les clients.

Au-delà des valeurs, les employés sont impliqués dans le recrutement à l’image des entreprises opales d’aujourd’hui. L’entretien du candidat se fait aussi bien avec ses futurs collègues qu’avec sa hiérarchie. Le réseau est fortement utilisé. Ainsi, il est demandé aux employés s’ils connaissent un ami compétent qui pourrait être recruté.

Enfin, pour s’assurer de recruter des athlètes de haut niveau qui ont souvent de petits contrats, une assurance maladie tout risque est pris en charge même pour les personnes qui ne sont pas à plein temps.

 

Patagonia et sa formation

De même, la formation au sein de Patagonia a une dimension plus riche. Elle a développé une organisation apprenante. Ce n’est pas uniquement la formation traditionnelle comme des programmes de formations informatiques ou autres, dispensée au personnel. La formation de Patagonia va bien au-delà en offrant au personnel une ouverture sur le monde qui l’entoure : les problèmes environnementaux et sur les valeurs de l’entreprise.

Dans sa formation, Patagonia met en place une étape du Natural Step, celle de la conscientisation. C’est-à-dire qu’elle cherche à rendre ses équipes conscientes des problèmes environnementaux en organisant des formations un peu particulières.

À travers ces formations, Patagonia cherche aussi à maintenir une satisfaction de ses employés et vise leur développement personnel.

Ainsi, elle propose à ses employés la possibilité de prendre un congé sabbatique vert de 2 mois financé par l’entreprise pour travailler dans une ONG de leur choix. Ils peuvent s’investir dans des projets environnementaux, sociaux, ils sont d’autant plus sensibilisés à l’environnement. Cette expérience fait grandir l’entreprise et l’aide à changer dans le sens du développement durable. Cette synergie est donc créatrice de valeur. Ce programme leur permet de revenir avec plus de connaissance, ils sont donc plus qualifiés. Ils partagent cette expérience avec le reste de l’entreprise. Ils ont le sentiment d’appartenir à une communauté sur leur lieu de travail.

 

Patagonia et sa fidélisation

Patagonia a calculé que remplacer un employé qui est parti coute 50 000 dollars (frais de recrutement, formation et perte de productivité). Ainsi, est-il essentiel à leurs yeux de fidéliser leurs employés. 71 % de femme, dont beaucoup occupent des postes avec de hautes responsabilités, travaillent chez Patagonia. Elle a donc décidé de créer le Great Pacifique Child Development Center qui comporte une pouponnière bébé à partir de huit semaines, une crèche pour ceux qui commencent à marcher et un jardin d’enfants pour les plus grands. Le kids club va même chercher les enfants à l’école et les ramène pour que les parents ne s’inquiètent pas. Patagonia a même fait avancer la législation dans le domaine des garderies professionnelles. Bien évidemment, les rires et le brouhaha des enfants influencent l’ambiance de l’entreprise, positivement !

 

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Patagonia et son management

Yvon Chouinard aime parler de son management par l’absence. Ainsi, montre-t-il la confiance qu’il a en ses employés. Ainsi, peut-il aussi aller chercher de l’inspiration dans la nature en pratiquant différents sports. Il peut aussi tester le matériel qu’il vend. Selon lui, lorsque nous faisons de l’escalade, c’est la manière de grimper qui est importante, plus que le fait d’arriver au sommet.

Il aime reprendre une étude réalisée sur les PDG les plus performants qui montre qu’ils ont tous un point commun. Ils aiment travailler avec leurs mains, par exemple réparer un robinet. Ceci permet de les garder connectés.

Enfin, voici la Charte de Patagonia :
– Réfléchir avant d’agir
– Balayer devant notre porte
– Réparer
– Nous engager pour une réelle démocratie participative
– Influencer les autres entreprises.

Retrouvez la 2ème partie en cliquant ICI


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