Technostructure : quand les techniciens prennent le pouvoir !

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La technostructure, pour Baudhuin (1968), il s’agit d’une « configuration économique et sociale résultant de la prédominance de techniciens dans la direction et la gestion effectives des entreprises ». 

L’organigramme est organisé de telle manière que la structure de l’entreprise (dans sa structure organisationnelle) aura tendance à être mécaniste. 

Le management dispose d’une place prépondérante, permettant d’assurer la coordination des équipes et l’organisation structurelle, mais également d’anticiper les facteurs de contingence. 

La structure décisionnelle est cloisonnée entre un nombre de niveaux hiérarchiques inhérents aux décideurs.

Technostructure : quand les techniciens prennent le pouvoir !

 

Qu’est-ce qu’une technostructure du XXIème siècle ? 

Notre modèle hiérarchique remonte au début du siècle dernier. Il s’agit aujourd’hui d’un modèle organisationnel dominant pour ce qui concerne les grandes entreprises au sens moderne du terme. 

Notre modèle hiérarchique commence de manière fonctionnelle. Puis lorsque l’entreprise grandit, il devient plus divisionnel (par exemple, organisé par produit).

Théorie issue de l’économiste John Kenneth Galbraith (1908-2006) (Le Nouvel État industriel, 1968), la technostructure s’imprègne d’une nécessaire forme organisationnelle incluant une certaine formalisation, en tant que structure simple, et s’oppose au modèle de structure plus souple, dont la décentralisation est inhérente et qui ne comprend pas autant de différents niveaux hiérarchiques.

 

La théorie de la technostructure

Le philosophe Auguste Comte (1798-1857) permettait d’anticiper en son temps l’apparition de la technostructure grâce à son analyse de l’évolution de la société industrielle en Europe. 

Reprise par l’économiste Galbraith, la technostructure fait partie intégrante de différentes « configurations structurelles » propres aux organisations.

 

La structure hiérarchique

Théorisée par Henri Fayol, la structure hiérarchique. C’est une structure pyramidale ou chacun rend des comptes à une seule personne. Le risque est un manque d’autonomie et de responsabilisation.

 

La structure fonctionnelle

La structure fonctionnelle est quant à elle théorisée par Frederick Winslow Taylor. Les compétences des membres de l’entreprise sont indispensables. Les fonctions de l’entreprise sont scindées et confiées à des spécialistes. La direction générale permet de coordonner ces différents secteurs. Le salarié a plusieurs chefs, et cela convient aux petites structures simples.

 

La structure divisionnelle

Dans une telle configuration, l’entreprise est organisée autour du client, du produit ou de la zone géographique. Chaque division à toute l’autonomie pour aller chercher ses résultats. Elle en a d’ailleurs la responsabilité.

 

La structure matricielle

Avec la structure matricielle, il s’agit d’une combinaison entre « une structure fonctionnelle » et « une structure par produit ». Le modèle est idéal pour un investissement par projet, mais également pour les entreprises dont l’environnement est en mutation constante.

 

La question qu’on peut donc se poser est donc de savoir quelle est la place de la technostructure dans les configurations structurelles ?

 

La technostructure en tant que configuration structurelle 

Henry Mintzberg propose une classification des différentes formes structurelles et permet de mettre en exergue des configurations structurelles.

  1. Dans ce modèle, la technostructure comprend les spécialistes qui travaillent sur les processus pour rendre l’organisation plus efficace.
  2. Le centre opérationnel regroupe quant à lui ceux qui produisent.
  3. Le sommet stratégique comprend ceux qui dirigent.
  4. L’universitaire isole la ligne hiérarchique, qui regroupe le middle management ou le management opérationnel.
  5. Le support logistique ou les services supports qui ne produisent pas directement, mais sont essentiels au bon fonctionnement de l’entreprise. 
  6. Enfin, l’idéologie concerne le système de valeur et toutes les croyances de l’entreprise.
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Le renforcement de la technostructure 

Fin 1980, Milton Friedman fait le constat d’un « retour en force » des actionnaires, qui prennent le contrôle des entreprises. Pourtant, la tendance s’inverse avec la révolution numérique des années 2000 qui permet l’émergence de sociétés puissantes telles que Microsoft, Apple, Google, Yahoo, et Amazon, qui continuent généralement d’être contrôlées par les fondateurs.

Pourquoi les technocrates ont-ils repris le pouvoir ? Une des principales raisons est que les pays occidentaux ont connu l’émergence d’une classe éduquée, titulaire de diplômes du niveau secondaire.

 

Le conflit actionnariat-technostructure

Selon Galbraith, l’économiste américain à l’origine de cette notion, le rôle de plus en plus important de la technostructure a diminué le pouvoir des actionnaires. Cependant, des exemples nous montrent le contraire.

Selon l’approche de Galbraith, les patrons, mais également leurs collaborateurs directs ont le pouvoir sur les sociétés au sein desquelles ils travaillent, et ce « au détriment des actionnaires ». 

Autrefois valable, cette analyse a ensuite eu raison de ses détracteurs. Quelles sont les raisons de ce retour en force des actionnaires ? 

Plusieurs causes expliquent ce renversement des tendances comme la déréglementation des marchés financiers, la mobilité accrue des capitaux et l’arrivée des fonds de pension.

Ce type de structure (technostructure) imprégnée de centralisation et bureaucratie est une structure classique qui a évolué en raison des grands besoins en investissements nécessaires à la concurrence des marchés, notamment pour ce qui concerne les nouvelles technologies. 

Elle doit aujourd’hui prendre en considération, dans son fonctionnement hiérarchique, la place des actionnaires, sans que le génie des fondateurs ne soit toutefois oublié… Le pouvoir de décision de cette structure formelle change régulièrement de paradigme.

 

Julien Godefroy

Julien Godefroy

Consultant Web en Management et Gestion du Temps

J’accompagne les managers à développer leurs compétences en management et en gestion du temps grâce à des articles, vidéos, ebooks, formations en ligne et coachings.


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