Effet Zeigarnik : comment le maîtriser et mieux gérer la charge mentale ?

N'hésitez pas à partager cet article :

Dans la vie quotidienne comme en entreprise, il arrive d’avoir des objectifs ou des tâches qu’il faut terminer, mais qui restent sans succès. Pour venir à bout de ces situations et surmonter la surcharge de l’accumulation des tâches dans le cerveau, il importe de comprendre l’effet Zeigarnik. Cette théorie remonte notamment aux années 20 et met en avant les ressorts de la charge mentale.

Le phénomène Zeigarnik résulte en effet de l’observation de la psychologue Bljuma Zeigarnik sur la terrasse d’un café. Cette dernière remarque que les serveurs arrivaient à mémoriser parfaitement les commandes qui s’enchaînaient. Et une fois l’addition réglée, ils les oubliaient instantanément.

Pour vérifier sa théorie et asseoir son observation, la psychologue décide d’aller plus loin en réalisant une étude sur plusieurs individus. Elle leur confie notamment une liste de tâches à faire dans un délai très court et les demandes de citer les tâches dans la liste après les avoir interrompus. La conclusion de cette étude lui a permis de démontrer que l’interruption des tâches crée une tension durable. En effet, le cerveau retient davantage les tâches inachevées que les tâches terminées.

En effet, la mémoire est en mesure de retenir un certain nombre d’informations et de tout oublier une fois que les tâches sont achevées. L’effet Zeigarnik se traduit ainsi par la tendance à se rappeler une tâche ou un objectif à réaliser. Il a le bénéfice de renforcer la motivation chez un individu. De plus, il présente également des limites lorsque les tâches ou les projets s’accumulent.

L’effet Zeigarnik permet de mieux comprendre les rouages psychocognitifs humains. En entreprise, il importe de le maîtriser pour améliorer la productivité et augmenter les capacités d’apprentissage des collaborateurs. Cette approche peut notamment aider à assimiler rapidement les informations et à maîtriser facilement les nouvelles compétences.

Effet Zeigarnik : comment le maîtriser et mieux gérer la charge mentale ?

 

Qu’est-ce que l’effet Zeigarnik ?

L’effet Zeigarnik est un phénomène qui a été prouvé par la psychologue Bluma Zeigarnik grâce à une expérience réalisée avec deux groupes d’individus composés d’enfants et d’adultes. Elle leur fournit notamment une liste de tâches à faire rapidement et correctement telles que réussir des puzzles ou encore enfiler des perles. Dans le premier groupe, les participants ont été interrompus plusieurs fois pendant leurs activités et redirigés vers d’autres tâches tandis que dans le second groupe, ils ont pu terminer leurs activités normalement. Cette expérience a mené la psychologue à tirer la conclusion que le cerveau est capable de se souvenir des tâches inachevées plutôt que les tâches qui ont été accomplies.

En effet, lorsque les tâches sont terminées, le cerveau a tendance à les faire disparaître de la mémoire. Par ailleurs, celle-ci retient facilement les tâches en cours. Le cerveau réagit de cette manière parce qu’il développe une tension particulière permettant de mémoriser les tâches inachevées. Grâce à cette tension, le cerveau peut assimiler plus rapidement les nouvelles informations et retient facilement les tâches en cours.

Cette tension durable améliore notamment l’accès cognitif à des données ou à des informations pertinentes. Elle aide à compléter la réalisation d’une tâche, mais empêche également de se concentrer sur autre chose lorsque celle-ci n’est pas encore terminée. Elle permet d’aller jusqu’au bout d’une idée ou d’effectuer une tâche engagée en premier lieu avant de passer à une nouvelle tâche. Une fois assimilée, la tension se relâche.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  4 façons efficaces de travailler sa confiance en soi

L’effet Zeigarnik nourrit ainsi la charge mentale. Il s’agit de penser aux tâches qui défilent dans l’esprit, tout le temps. Le cerveau accapare ces différentes tâches et nous place dans un processus d’action.

 

Les caractéristiques de l’effet Zeigarnik 

L’effet Zeigarnik permet de se rappeler des points importants d’un dossier en cours. Cependant, il peut également provoquer des insomnies à force de penser à toutes les tâches qui restent à faire. En effet, le phénomène Zeigarnik aide le cerveau à se souvenir des tâches à effectuer. Celui-ci se trouve notamment dans une situation inconfortable lorsqu’une tâche n’est pas terminée. Toutefois, lorsque les tâches s’accumulent, l’effet Zeigarnik peut engendrer beaucoup de stress.

Une fois une tâche entamée, le seul moyen de libérer l’esprit est de la terminer. L’effet Zeigarnik donne ainsi la motivation nécessaire pour entamer une tâche ou un projet et le terminer. En outre, l’effet Zeigarnik démontre que le cerveau est susceptible de se souvenir d’une tâche qui a été interrompue plutôt qu’une tâche qui vient d’être commencée.

En entreprise, il constitue une arme pour améliorer l’implication des collaborateurs. Cela signifie que donner du temps aux employés pour les pauses permet d’augmenter leurs capacités à retenir des informations. De plus, ils seront davantage impliqués davantage dans les tâches à réaliser. Le cerveau se rappelle facilement des tâches interrompues ou inachevées. 

Pour maîtriser l’effet Zeigarnik, il importe d’apprendre à identifier les informations pertinentes et les tâches qui méritent d’être mémorisées. En effet, lorsque le cerveau garde peu de tâches en cours dans l’esprit, il y a moins de risque d’angoisse ou de stress. Cela permet également de réaliser toutes les tâches avec succès. En retenant quelques tâches en cours en tête, l’effet Zeigarnik permet à notre cerveau d’être en alerte. Celui-ci génère dans l’esprit une frustration positive qui permet d’enchaîner les tâches à effectuer et de les terminer correctement.

 

Bien gérer les tâches pour maîtriser l’effet Zeigarnik 

En effet, le cerveau peut atteindre une limite à partir d’un certain nombre d’informations ou de tâches en cours. Toutefois, la capacité à mémoriser les tâches à effectuer dépend de l’état émotionnel de chaque individu, de la situation et de l’urgence des tâches à réaliser. Pour éviter la surcharge mentale, il est important de connaître ses limites. 

Pour alléger le cerveau et éviter de subir l’effet négatif du phénomène de Zeigarnik, il est nécessaire de bien s’organiser. Ainsi, faut-il éliminer les petites tâches et celles qui ne sont pas importantes. Ces dernières prennent notamment beaucoup de place dans le cerveau. Cette technique permet entre autres de ne pas submerger le cerveau et de gagner en efficacité. Pour cela, il est nécessaire de planifier les tâches en tenant compte de leur importance et de leur urgence (matrice Eisenhower). Rédiger une to-do liste permet également d’aider le cerveau à enchaîner plus facilement les différentes tâches à réaliser.

 

Les pauses

Pour aider le cerveau à mieux retenir les tâches en cours ou les informations pertinentes, il est essentiel de savoir prendre des pauses en cours de route. L’effet Zeigarnik favorise notamment l’apprentissage et la mémorisation. Lorsque vous entamez une tâche, votre cerveau cherche un moyen de poursuivre les activités et va vous le rappeler. Faire une pause permet en effet de stimuler le cerveau. De plus, cela évite de subir la surcharge mentale en retenant les tâches là où elles ont été arrêtées. La maîtrise de l’effet Zeigarnik permet ainsi d’augmenter la faculté de mémoriser les choses.

 

La motivation

En plus d’être un outil d’aide à la mémorisation, l’effet Zeigarnik constitue également un outil anti-procrastination. En effet, il permet d’être encore plus motivé après avoir entamé une tâche et être interrompu. La tâche non achevée incite ainsi le cerveau à vous remettre à la terminer. Ainsi, pour gagner en productivité et se mettre dans une dynamique performante, il est important de s’appuyer sur l’effet Zeigarnik.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Management et stress : origines et outils de lutte contre le stress

Mettre en place une pratique de relaxation est indispensable. Cela allégera l’esprit pour pouvoir reprendre les différentes tâches inachevées avec succès. Cette technique permet notamment d’éviter de rajouter du stress lorsque les tâches s’accumulent. Elle favorise le principe d’action et permet de terminer les tâches inachevées sans surcharger le cerveau.

 

Tirer parti de l’effet Zeigarnik au travail

En entreprise, il est susceptible que les collaborateurs subissent l’effet Zeigarnik. Face à l’ampleur des tâches à réaliser, il importe de découper le travail en plusieurs tâches simples et commencer par les plus faciles. Cela permet au cerveau de penser aux tâches inachevées et d’être apaisé lorsque les tâches courtes sont réalisées. Ainsi, l’effet Zeigarnik s’utilise pour engager le collaborateur dans l’action et lui donner envie d’aller jusqu’au bout. Par ailleurs, traiter les tâches les plus difficiles dès le début peut démotiver le collaborateur et le bloquer.

Pour renforcer la performance des collaborateurs, il est ainsi essentiel de permettre à leurs cerveaux de terminer une tâche avant de passer à une autre.  De la même façon, le manager doit planifier les tâches pour gagner en productivité. Il revient notamment au manager de déterminer des tâches de chaque membre de son équipe en tenant compte du temps consacré à chaque mission et de sa priorité. Cela permet entre autres de réduire le potentiel négatif de l’effet Zeigarnik. Celui-ci doit en revanche susciter l’intérêt pour se concentrer sur les tâches à effectuer et retenir l’attention sur les tâches inachevées.

 

Julien Godefroy

Julien Godefroy

Consultant et Formateur en Management et Gestion du Temps

J’accompagne les managers à développer leurs compétences en management et en gestion du temps grâce à des articles, vidéos, ebooks, formations en ligne et coachings.


N'hésitez pas à partager cet article :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :