Le management bienveillant : comment le mettre en place en 4 étapes ?

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le management bienveillantSavoir comment mettre en place le management bienveillant c’est bien comprendre de quoi nous parlons. Si nous reprenons la définition de la bienveillance au travail selon le Larousse en ligne, la bienveillance est une « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ». C’est donc se trouver vers l’autre de manière gentille.

Mais attention, le mot gentil n’induit ni la naïveté ni l’absence de cadre. En effet, nous pouvons avoir un management bienveillant sans pour autant laisser tout faire et tomber dans l’excès de confiance. Ceci nous ferait fermer les yeux sur des comportements « hors cadre ».

Bien au contraire, j’illustrerai ces propos avec le paradoxe de la bienveillance. En effet, certaines fois, nous pourrons agir de manière non bienveillante à l’égard de certains comportements. Si des personnes n’agissent pas de manière bienveillante, il faudra alors les sanctionner. Nous pourrons être bienveillants dans la forme, mais dans le fond, il ne s’agira plus de les comprendre ou d’être indulgent envers elles.

Pour s’assurer du bon déroulement de la bienveillance, il faudra que chacun soit sincère dans la démarche. Notre rôle dans cette démarche sera donc de s’assurer que chacun joue le jeu. Comme je l’expliquais dans mon article « La bienveillance au travail : définition, avantages et points de vigilance », la bienveillance procure de nombreux avantages, mais nécessite de faire attention :

  • aux résistances au changement
  • à ne pas faire copain-copain
  • à être sincère
  • à mettre en place le droit à l’erreur

La sincérité est essentielle et il faut donc être convaincu par la démarche pour la mettre en place correctement. Si vous ne l’êtes pas, ne vous y lancez pas sous peine de voir naître certaines distorsions. Certains décalages entre le discours et les actes pourraient apparaitre et seraient contre-productifs.

Par contre, si vous vous sentez prêts à mettre en place le management bienveillant, les 4 étapes qui suivent vous aideront sûrement. L’idée est d’insister sur les points essentiels du management bienveillant et non pas du management en général.

le management bienveillant

 

1 – Adopter la bonne posture managériale

Pour reprendre la définition de la bienveillance au travail selon le Larousse en ligne, la bienveillance est une « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui ». Le premier axe est donc « la disposition d’esprit ». Nous devons donc être tournés vers l’autre pour chercher à le comprendre et à être indulgents.

 

État d’esprit positif

Si nous sommes dans une spirale négative ou pessimiste, nous verrons le mauvais côté des situations et risquons de ne pas être disposés à comprendre et à être indulgents. Le management bienveillant et donc lié au management positif, au moins par cet aspect. En effet, si nous sommes dans un état d’esprit positif ou nous avons confiance en l’autre, alors nous serons plus aptes à comprendre et à être indulgents.

 

La reconnaissance

La reconnaissance, que nous avons vue dans mon article : « La reconnaissance au travail : pour mieux motiver nos équipes », entretiendra cette spirale positive. En effet, insister et mettre en lumière ce que fait un de nos employés ou nos équipes, créera une dynamique bienveillante. De manière générale, la gratitude envers les bonnes situations qui arrivent entretiendra un état d’esprit en adéquation avec la bienveillance.

 

Les croyances limitantes

Cependant, savoir qu’il faut un état d’esprit positif, développer la reconnaissance et la gratitude est une chose. Mais pour cela, il faudra travailler sur nos croyances limitantes. En effet, nous avons tous des idées en tête, fondées sur notre vécu ou inspirées par d’autres qui viennent nous limiter. J’entends par là des idées que nous prenons pour acquises, mais qui ne sont pas une réalité. Par exemple, « la vie est dure » peut être une croyance limitante si nous considérons que la vie se résume à être dure.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Recadrer un collaborateur efficacement et en toute bienveillance 

Cependant, même s’il nous arrive des événements tragiques, il nous arrive aussi des événements merveilleux. Croire que la vie est dure nous poussera à ne voir que les événements tragiques et à oublier les événements positifs. Il faut donc déconstruire ces croyances et les remplacer par des croyances positives. Ainsi, pourrons-nous nous mettre dans un état d’esprit positif.

 

Les émotions

Les croyances limitantes sont ancrées au fond de nous. Les émotions, elles, surviennent de manière plus superficielle (même si elles peuvent aussi s’ancrer profondément). Si de la tristesse surgit, il deviendra incompatible d’être dans un état d’esprit positif. Il faudra donc bien gérer cette émotion pour garder le cap de notre management bienveillant.

La colère peut aussi avoir des conséquences effroyables sur la bienveillance au travail. Il faudra donc apprendre à gérer sa colère ou celle de nos employés pour maintenir un cadre bienveillant. Pour cela, je vous renvoie vers mon article : « Comment contrôler sa colère ou celle d’un salarié ? »

Enfin, il en est de même avec la peur qui peut nous freiner ou nous faire douter de ce qui peut arriver. Il faudra donc travailler sur l’identification de ses peurs. Une fois que nous savons de quoi nous avons peur, nous pourrons plus facilement agir dessus.

 

2 – Travailler la communication

Une fois que nous avons travaillé sur notre état d’esprit, il va falloir travailler sur la relation avec l’autre. En effet, avant de chercher à comprendre et à être indulgent, il faut s’assurer que la relation est saine et que la communication est bonne.

 

Assurer la courtoisie

Même si ce point peut paraitre banal, par expérience, je le précise. J’entends par courtoisie le fait de dire bonjour à ses équipes, avec le sourire et en prenant des nouvelles. C’est un acte qui doit aussi être sincère et qui montrera à nos équipes que nous leur portons un intérêt en tant que personne et pas simplement en tant qu’employé.

Saluer ses équipes lorsque nous quittons notre lieu de travail est aussi primordial pour qu’elles ne découvrent pas, alors qu’elles auraient souhaité nous rencontrer, que nous sommes partis. C’est le meilleur moyen pour qu’elles ne se sentent pas exister à nos yeux.

 

Attention à la pression hiérarchique

Autre point de vigilance pour mettre en place le management bienveillant : attention à la pression hiérarchique. En effet, si volontairement ou involontairement, nous sommes trop directifs, trop présents, trop insistants ou encore trop excessifs dans nos objectifs, nous risquons de créer des tensions et des stress.

En cas de stress ou de tensions, les comportements changent et la confiance n’est plus la même. Les relations se trouvent donc changées et peuvent devenir moins saines. Des jeux de manipulation ou de fuite peuvent surgir pour fuir ou déplacer cette pression. Enfin, les états d’esprit sont plus négatifs. La bienveillance va donc avoir des difficultés à s’installer.

 

Améliorer la communication

La manière de communiquer est extrêmement importante. Dans le cadre de la bienveillance, elle l’est encore plus. Ainsi, exprimer des choses positives est plutôt facile. Mais nous avons souvent besoin d’exprimer des choses qui ne sont pas forcément positives. En effet, un projet n’est pas terminé et nous devons donner des consignes. Ou encore, certaines choses nous ont agacés ou attristés et il faudra être capable de les exprimer.

La communication n’a rien de magique. Elle répond à des règles liées à notre mode de fonctionnement. Ainsi, un protocole a été créé pour s’assurer d’une bonne communication lorsque nous voulons exprimer quelque chose. C’est le protocole de la Communication Non Violente. Je vous envoie directement vers ce document qui explique la CNV en 4 étapes.

  1. Observation
  2. Sentiment
  3. Besoin
  4. Demande

 

Gérer les conflits

Enfin, gérer les conflits existants ou les tensions sera aussi essentiel pour mettre en place une base saine et déployer le management bienveillant. Vous pouvez consulter mes 2 articles sur le sujet :

  1. Gestion de conflit en entreprise : trois méthodes efficaces
  2. Comment gérer un conflit au travail en 3 méthodes ?
Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Faire un feedback : un art nécessitant 3 points essentiels

 

3 – Chercher à comprendre l’autre

Nous avons travaillé sur notre posture et sur la relation avec l’autre. Désormais, nous pouvons enclencher la bienveillance en cherchant à comprendre l’autre et à être plus indulgents.

 

Être disponible

Le premier point sera d’être disponible. Certains moments d’écoute seront planifiés à travers une réunion ou un entretien, mais d’autres pourront survenir de manière inopinée. Savoir laisser sa porte ouverte et montrer une disponibilité réactive en cas de besoin sera une compétence importante. En effet, cela nous permettra de comprendre l’autre au moment même où il sera disponible pour communiquer et se livrer.

 

Écouter

Savoir écouter sera aussi une qualité rare. En effet, j’ai la profonde conviction que c’est ce qui manque le plus aux employés d’aujourd’hui. Différents facteurs devront être en place pour une bonne écoute. Je vous invite à consulter mon article : « Savoir écouter, une action forte pour motiver ses équipes » en cliquant ici.

6 points majeurs sont essentiels pour être efficaces dans notre écoute :

  • Mise en place de la confiance
  • Disponibilité
  • Comprendre que quelqu’un veut nous parler.
  • Être dans une position confortable
  • Savoir écouter activement
  • Reformuler

Il faudra aussi éviter de parler de soi. Plus nous serons tournés vers l’autre, plus il se sentira écouté. Plus il se sentira écouté, plus il se sentira compris.

 

Considérer l’autre

Enfin, nous avons montré notre disponibilité et sommes en train d’écouter l’autre. Désormais, pour mettre en place le management bienveillant, il faudra alors réellement essayer de le comprendre. Pour cela, comprendre la situation qui nous sera exposée sera important, mais pas essentiel. Si nous voulons vraiment comprendre l’autre et que l’autre se sent compris, il sera essentiel de descendre au niveau des ressentis et des émotions.

En effet, pour nous sentir compris, nous avons besoin d’écoute sur nos ressentis. Les situations sont ce qu’elles sont, mais ne sont pas nous. Il faudra donc savoir rapidement demander à notre interlocuteur ce qu’il ressent. C’est à ce moment qu’il nous parlera de lui. Il se sentira donc écouté et compris en tant que personne.

Rester centrer sur la situation, c’est rester centré sur quelque chose qui est extérieur à la personne. Se focaliser sur les émotions, c’est prendre en considération la personne. Il faudra écouter pour comprendre si la personne éprouve de la peur, de la tristesse, de la colère ou de la joie.

En acquiesçant ou en reformulant, nous pourrons montrer à l’autre que nous le comprenons. Il pourra ainsi se sentir compris, important, mais aussi soulagé de savoir qu’il n’est pas seul dans cette situation. C’est alors que la magie opère et qu’il deviendra loyal face à son manager qui a su faire preuve de compréhension. En effet, ce dernier avait peut-être fait une erreur. Il a pris son courage à deux mains pour en parler à son manager. Ce dernier a bien compris sa peur d’évoquer le sujet et sa tristesse d’avoir fait une erreur. L’employé donnera alors tout pour corriger le tir.

 

4 – Développer une bonne ambiance au travail

Après la posture managériale, la communication et la compréhension de l’autre, le dernier selon moi est de développer une bonne ambiance au travail. Il existe 3 grands leviers pour cela : le cadre de travail, les valeurs communes et la mission de l’entreprise.

 

Cadre de travail

Mettre en place le management bienveillant nécessite de travailler sur l’ambiance au travail. En effet, il faut que l’ambiance au travail soit bienveillance. Pour cela, le cadre de travail est aussi primordial. Je parle des locaux de l’entreprise. Leur aménagement donnera le ton.

L’idée n’est pas de coller sur les murs des posters de personnes souriantes ou encore de belles photos de vacances. Certes, cela peut influencer sur l’ambiance au travail. Mais si cela n’a pas été décidé collectivement, alors cela pourrait passer pour une plaisanterie… de mauvais goût.

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Pour que le cadre de travail donne une atmosphère bienveillante, il doit être décidé par les membres de l’équipe, du service ou de l’entreprise. Eux seuls peuvent savoir et convenir de l’ambiance qui leur convient et qui les mettrait dans les meilleures dispositions pour être bienveillant.

Plusieurs réunions peuvent être nécessaire pour que chacun puisse s’exprimer et que les équipes décident collectivement de ce qu’elles souhaitent : couleur, décors et organisation des plans de travail seront à l’ordre du jour. L’idée est de décider collectivement d’une ambiance propice à la bienveillance et au travail en commun.

 

Valeurs

De même que des posters de personnes souriantes, la mise en place des valeurs communes au sein de l’entreprise ne consiste pas à accrocher de grandes affiches ou de belles valeurs appariassent.

Les valeurs sont les règles du jeu qui vont déterminer les relations entre les personnes. Si elles ne sont pas discutées et validées de manière collective, il sera sûrement difficile pour les équipes d’y adhérer.

Il faudra aussi permettre à tout le monde de se rencontrer et d’échanger autour des valeurs à adopter. Le manager garantira que ces valeurs permettent bien de mettre en place le management bienveillant.

 

Mission

Enfin, il faudra s’assurer que la mission de l’entreprise soit partagée par tout le monde pour permettre que tout le monde aille dans le même sens et qu’il n’y ait pas de quiproquos. La mission correspond à l’objectif que l’entreprise se fixe, mais peut aussi aller plus loin que la simple vente d’un produit ou la fourniture d’un service.

En effet, la mission de l’entreprise peut inclure la maitrise des impacts environnementaux et le développement des impacts sociaux. FAVI, une entreprise du nord de la France, a pour missions de développer l’emploi local, décimé par les délocalisations.

La mission prend alors un tout autre sens pour les employés. Dans le cas de FAVI, nous comprenons toute la bienveillance qui en découle, sans pour autant en oublier les impacts économiques, essentiels au bon fonctionnement de l’entreprise.

 

En complément sur le management bienveillant

Mettre en place le management bienveillant n’est donc pas aussi simple qu’il n’y parait. Certes, la conviction de l’encadrement est essentielle pour s’assurer de la sincérité de la démarche.

Certaines actions peuvent être mises en place facilement comme la courtoisie qui peut s’enclencher du jour au lendemain. Mais la démarche doit aussi s’ancrer plus profondément comme nous l’avons vu pour l’ambiance au travail. Prendre le temps d’écouter et de comprendre est aussi un acte managérial plus long que lors d’un management directif.

Je pense donc qu’il faut considérer que le management bienveillant est un investissement à long terme. Il s’agira d’impliquer toutes les personnes. Ainsi, la démarche s’ancrera profondément et se couronnera de succès. Les performances ne seront que les conséquences de toutes les actions menées.


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