La bienveillance au travail : définition, avantages et points de vigilance

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la bienveillance au travailLa bienveillance au travail est souvent décriée et critiquée. En effet, parce qu’elle part d’un fond gentil, elle est caricaturée en « monde de oui-oui » ou « monde des bisounours ». Certes, mettre en œuvre une démarche bienveillante nécessite une gentillesse sincère. Pour autant, cette dynamique ne tombe pas dans la naïveté. Si elle ne fonctionnait pas, elle ne serait pas utilisée dans certaines entreprises.

J’entends par là le fait que les entreprises qui utilisent la bienveillance au travail connaissent des progressions de chiffre d’affaires ou des gains de productivité. C’est donc une démarche très rentable.

Voici donc le mode de fonctionnement de la bienveillance : avoir une attitude gentille par rapport à l’autre ce qui a pour conséquence des gains financiers et bien évidemment humains comme nous le verrons. C’est donc une spirale très positive qui permet de faire fonctionner le capitalisme de manière éthique.

Mais avant de se lancer, il est nécessaire de bien comprendre toute la démarche. Nous ferrons donc un point sur la définition de la bienveillance au travail pour ensuite décrire 5 grands avantages. Enfin, nous mettrons en lumière les 4 points de vigilance majeurs qui sont essentiels pour s’assurer du bon déroulement des opérations.

la bienveillance au travail

 

I – Qu’est-ce que c’est ?

Voyons quelques définitions de la bienveillance au travail :

  • Selon le Larousse en ligne, la bienveillance est une « disposition d’esprit inclinant à la compréhension, à l’indulgence envers autrui. Interroger des candidats avec bienveillance ».
  • Selon L’internaute, la bienveillance est la « capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d’une manière désintéressée et compréhensive ».
  • Enfin, selon le Centre National de Ressources textuelles et lexicales, la bienveillance est :
    1. Disposition généreuse à l’égard de l’humanité.
    2. Qualité d’une volonté qui vise le bien et le bonheur d’autrui

Ainsi, dans ces 3 définitions, nous comprenons que faire preuve de bienveillance c’est comprendre l’autre et lui donner de l’attention afin de le rendre heureux. La bienveillance est donc une démarche tournée vers l’autre et qui vise son bonheur.

Si nous adaptons cela à l’entreprise, la démarche est donc de s’intéresser à nos équipes. Nous chercherons à les comprendre et à leur donner de l’importance pour qu’elles s’épanouissent et soient heureuses. Cette démarche est donc clairement liée au bonheur au travail, puisque cela en sera la conséquence.

Nous sommes donc dans un cadre de travail qui vise le respect de chacun et la bonne ambiance. La pression est limitée pour faciliter les bonnes relations entre chacun, mais aussi s’assurer de la sérénité des individus.

 

II – Les 5 grands avantages

La bienveillance entrainant un sentiment de mieux être du salarié, nous pouvons reprendre les conclusions du MIT qui disaient : « les salariés heureux sont 2 fois moins malades, 6 fois moins absents, 9 fois plus loyaux, 31 % plus productifs, et 55 % plus créatifs ».

 

1 – Baisse de l’absentéisme et du turnover

En effet, des salariés qui se sentent respectés se sentiront plus importants, utiles et trouveront plus facilement leur place. Ils auront donc plus envie de venir travailler. Ces employés se sentiront mieux dans leur tête et seront donc moins malades. Parallèlement, ils auront moins envie de quitter leur entreprise, car ils s’y sentent bien. Même s’ils doivent gagner un peu plus ailleurs, ils feront le calcul entre le confort de travail et le salaire.

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2 – Hausse de l’engagement et de la productivité

Les employés seront donc plus fidèles à leur entreprise, mais aussi plus engagés dans leur travail. En effet, ils auront beaucoup plus envie de s’investir pleinement pour faire fonctionner l’entreprise qui les rend heureux et fiers de faire ce qu’ils font. Aujourd’hui, seuls 9 % des employés se sentent engagés dans leur entreprise (source étude Gallup). Cette démarche de bienveillance au travail est loin d’être une supercherie. Au contraire, c’est la réponse à cette situation incroyable  : moins de 10 % de nos employés se sentent engagés. Nos entreprises ont donc un réservoir de croissance incroyable !

De plus, parce que les employés s’engageront pleinement, ils en seront d’autant plus productifs, car convaincus d’être sur la bonne voie.

 

3 – Confiance, prise d’initiative et créativité

La bienveillance au travail permet aussi de mettre en place des relations de confiance entre les individus. En effet, l’attitude managériale est beaucoup plus courtoise et reconnaissante. Les équipes se sentent aussi beaucoup plus soutenues. Elles auront donc envie d’essayer de nouvelles choses pour atteindre les objectifs et les dépasser. Elles auront donc envie de prendre des initiatives et de créer de nouvelles choses pour toujours plus de performances.

 

4 – Bonnes relations et esprit d’équipe

Ce changement d’attitude va aussi développer et améliorer les relations entre les personnes. En effet, cette démarche consiste à valoriser chacun et à reconnaitre ce qu’il fait de bien. La confiance qui en découle, mais aussi le fait de se sentir respecté par les autres nous donnera envie de les respecter à notre tour. C’est une spirale positive qui se mettra alors en œuvre. Les relations seront donc bien meilleures. L’esprit d’équipe se développera tout comme la solidarité et l’entraide.

 

5 – Bonne image employeur

Enfin, qui ne rêve pas de travailler dans une entreprise bienveillante où nous nous sentons respectés et sereins ? Cette démarche sera donc aussi essentielle pour attirer les talents au sein de notre entreprise. Notre image employeur s’améliorera nettement avec ce type de pratiques.

Des concours, comme « Great Place To Work », classent les entreprises suivant s’il y fait bon travailler ou non. En effet, sous la base de l’anonymat, les employés répondent à un questionnaire. Ils y expriment ce qu’ils pensent réellement de leur entreprise. Les résultats sont ensuite communiqués publiquement et les entreprises sont classées.

Il devient de plus en plus stratégique pour les entreprises de bien figurer dans ces classements. En effet, les employés sont aussi de plus en plus exigeants sur les conditions de travail au sein de leur entreprise.

 

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III – Les 4 points de vigilance majeurs

Mais mettre en œuvre une démarche de bienveillance au travail n’est pas sans pièges. Même si les inconvénients n’existent pas, le vrai risque réside dans une mauvaise mise en pratique de la bienveillance au travail. Il pourrait en découler des relations biaisées entre les personnes et des collaborations entre les personnes bancales. À terme, les performances de l’entreprise pourraient ne pas être au rendez-vous. Il est donc essentiel de faire bien attention au respect des 4 points suivants.

 

1 – Les résistances au changement

Le management dans le cadre d’une démarche de bienveillance au travail se base sur la confiance. Même si la confiance n’exclut pas le contrôle, il est certain que nous sommes sur des managements donneur de sens, responsabilisants et qui poussent à la délégation. Certains employés peuvent avoir été habitués à des managements plutôt directifs et seront donc réticents à changer. En effet, il peut aussi être très confortable de se laisser faire par son manager. Celui-ci décide de tout et l’employé n’a plus qu’à appliquer.

Il faudra donc se laisser le temps de manager le changement pour ne pas aller trop vite dans la mise en œuvre de la démarche de la bienveillance au travail. Attention aussi à ne pas croire que seules les anciennes générations ont été habituées au management directif et seront donc réfractaires au changement. Tout dépend des croyances, du mode de fonctionnement et de l’histoire de chacun. Il faudra donc détecter au cas par cas les personnes les plus sensibles au changement. N’hésitez pas à consulter mon article : « Méthodologie de conduite de changement en 5 étapes » en cliquant ici.

 

2 – Ne pas faire copain-copain

Comme nous le verrons dans la 4e partie, le management bienveillant va nécessiter une proximité plus importante avec nos équipes. En effet, il est très important d’apprendre à me les connaitre pour mieux les comprendre. Pour autant, il n’est pas question de se comporter en copain-copain. Nous ne sommes pas dans l’obligation de connaitre les moindres détails de leur vie personnelle ni de les inviter à manger à la maison pour savoir qui elles sont et leur donner de l’importance.

Attention donc à ne pas tomber trop facilement dans la familiarité. Un respect mutuel et sincère ainsi qu’une bonne compréhension permettra une bonne collaboration au travail. Trop de familiarité pourrait conduire à un mauvais positionnement de chacun alors que chacun doit tenir sa place.

 

3 – La sincérité

Le management bienveillant et le fait que chacun soit dans cette démarche ne signifient pas qu’il faut se faire des courbettes et un grand sourire tout en pensant le contraire. Ce point est CRUCIAL : il faut de la sincérité dans la démarche. Il faut y croire et avoir envie d’être bienveillant à l’égard de ses équipes. Sinon, il ne faut pas se lancer dans cette démarche.

En effet, si certains font semblant et d’autres sont sincères, il est certain que les relations entre chacun ne seront pas au même niveau. Il y aura donc de l’hypocrisie et donc des relations malsaines. Comme tout finit par se savoir, l’hypocrisie finira par se savoir. Certains se rendront donc compte que leurs collègues voire leur manager ont menti. La confiance sera ébranlée. Il sera donc impossible de poursuivre la démarche. De plus, les relations seront cassées et il sera extrêmement difficile de recoller les morceaux. L’hypocrisie et le manque de sincérité peuvent donc décrédibiliser toute la démarche.

 

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4 – Le droit à l’erreur

Enfin, la bienveillance au travail nécessite un droit à l’erreur pour chacun. En effet, la prise d’initiative et la créativité conduiront à tester de nouvelles choses. Certaines fois, des erreurs seront donc commises et nous devrons alors les accepter, car elles font partie de la démarche. De plus, il faudra réagir avec bienveillance face à ces erreurs. Comme avec nos enfants, ils testeront certaines choses. Nous devrons réagir avec bienveillance pour ne pas casser leur esprit d’initiative et leur créativité.

Afin de limiter les erreurs trop graves voire les fautes, il est tout à fait possible de mettre en place un cadre de travail. Plus celui-ci sera coécrit et donc coopté, plus il suscitera un engagement de la part de chaque membre de l’équipe. Pour en savoir plus sur le management participatif, cliquez ici.

 

En complément sur la bienveillance au travail

Pour compléter cet article, je vais rebondir sur le dernier point. En effet, ce n’est pas parce que le management en place est bienveillant qu’il n’existe pas de cadre de travail. La bienveillance est loin d’être « laisser tout faire ».

Ensuite, il existe un paradoxe fondamental que je souhaite évoquer dans la bienveillance. Pour garantir la bienveillance, nous ne pouvons pas toujours être bienveillants. Par exemple, un collaborateur qui ne respecte pas les règles du jeu ne pourra pas poursuivre l’aventure. Il risquerait de compromettre toute la démarche. Certes, nous pouvons être bienveillants dans la forme. Cependant, dans le fond, il nous faudra trouver un accord pour mettre un terme à son aventure.

Sans aller jusqu’à la fin de la collaboration, un collaborateur qui aurait une attitude jugée « hors jeu » devra être rencontré à travers un entretien. Le management bienveillant s’il devient un management trop gentil et donc trop mou ne sera pas efficace, bien au contraire. Il faudra donc être capable de rester bienveillant tout en sachant dire ce qu’il faut. N’hésitez pas à consulter mon article : comment recadrer un collaborateur efficacement et en toute bienveillance ? 


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