Savoir dire non au travail : 6 étapes clés

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Savoir dire non au travail est un exercice difficile. Nous pouvons avoir à dire non à un de nos collègues, à nos équipes ou encore à un de nos chefs. Dans le cas de ce dernier, la seule difficulté est que dans une entreprise hiérarchique, il aura le dernier mot. Pour autant, il nous est possible de lui dire non tout comme à nos collègues ou nos équipes.

Savoir dire non, c’est savoir dire oui. Car pour être pleinement concentré sur nos priorités et la création de valeur ajoutée, il faut savoir dire non au reste. Les journées ne font que 24 heures. Par défaut, nous sommes donc contraints de faire des choix. Savoir dire non au travail, c’est savoir rester concentré sur ses priorités pour avancer.

Pour autant, ce n’est pas toujours simple. Nous pouvons manquer de convictions, avoir certaines peurs, certaines croyances ou encore un manque de confiance en soi qui nous empêche de dire non au travail. De plus, il faut savoir exprimer son refus et maintenir la relation de confiance pour que le « non » au travail ne dégrade pas les relations au travail.

En effet, savoir dire non au travail ne signifie pas de tout casser, car dans ce cas, il serait contre-productif à moyen ou long terme. Voyons donc en détail tous ces points pour apprendre à dire non au travail.

Savoir dire non au travail

 

1 – S’assurer que le refus est légitime

Selon moi, le premier point pour savoir dire non au travail est d’en être convaincu. Ainsi, nous pourrons faire jouer le fameux effet Pygmalion : plus nous sommes convaincus, plus nous avons de chances d’obtenir ce que nous souhaitons.

Pour cela, il faudra se poser la question de la légitimité de notre « non ». Si c’est la 15e fois que je refuse de travailler le week-end ou le soir, il risque d’être difficile d’être dans notre bon droit, sauf argument réellement valable. Nous risquons donc de manquer de sérénité au moment de dire non. Et le manque de conviction se sent.

Certes, nous aurons dit non, mais en réalité nous devrons tout de même le faire. Ce qui n’a aucun intérêt puisque nous parlons de savoir dire non pour rester concentré sur nos priorités.

Deuxième point, je pense que l’exemplarité est un point essentiel pour savoir dire non au travail. En effet, l’exemplarité nous permet d’être crédibles. Plus nous serons crédibles plus nous serons entendus et acceptés. Cela sera donc valable avec notre non.

Ainsi, être convaincus de notre « non » et être suffisamment crédible pour qu’il soit légitime sont essentiel pour donner de la conviction à notre refus.

 

2 – Travailler sur ses émotions

Ensuite, savoir dire non au travail, c’est savoir se gérer émotionnellement. En effet, nos émotions peuvent nous empêcher de dire non. Nous pouvons avoir des peurs. Par exemple, si je dis « non », j’ai peur de ne plus pouvoir faire carrière. Ou encore, si je dis « non » j’ai peur que les autres me tournent le dos.

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Il faudra donc être en mesure de savoir si ces peurs sont fondées ou non. Ensuite, il faudra travailler sur le danger indiqué par cette peur. Ai-je peur de ne plus pouvoir faire carrière ? À moi d’en discuter avec mon responsable pour m’assurer que cela est vrai. Il est sûrement possible de faire différemment. Ai-je peur que les autres me tournent le dos ? À moi de voir comment faire pour que cela ne soit pas le cas. D’ailleurs, c’est ce que nous verrons dans les parties 5 et 6.

Mais nous devrons aussi gérer notre colère. C’est l’énergie du changement lorsque nous ne nous sentons pas respectés. Cette énergie peut nous aider fortement à dire non. En effet, elle nous donne du courage. Mais nous devons la maitriser pour que nous n’explosions pas et ne détruisons pas la relation de confiance. Respirer quelques instants, aller faire un tour ou tout simplement changer de sujet nous permettra de retrouver un état plus serein et plus propice à dire « non » de manière plus acceptable.

Enfin, la tristesse est une émotion de replis qui nous aident à prendre de la distance par rapport à ce que nous avions, mais que nous n’avons plus. Elle apparait en cas de manque. C’est une émotion qui peut aussi nous amener à dire plus facilement non au travail. Ici, le risque est de dire « non » à tout. Alors, restons vigilants, dire « non » à tout ne crédibilise pas la démarche.

 

3 – Travailler sur ses croyances limitantes

Nous sommes crédibles dans notre « non » et avons géré nos émotions. Désormais, nos croyances limitantes peuvent encore nous gêner pour savoir dire non au travail. Les croyances limitantes sont des idées que nous avons en tête et qui viennent nous limiter dans les actions que nous pourrions entreprendre.

Par exemple, nous pouvons croire que le manager a toujours raison. Dans ce cas, il ne nous est pas possible de lui dire non lorsqu’il nous demande quelque chose. C’est une croyance. Car est-il vrai que le manager a toujours raison ? Il est certain que comme tout être humain il peut se tromper. Nous sommes donc face à une croyance. Cette dernière nous limite, car elle nous empêche de lui dire non.

Pour s’en séparer, c’est assez simple. Au lieu de nous dire consciemment ou inconsciemment que le manager a toujours raison, nous pouvons nous répéter plusieurs fois par jours pendant plusieurs semaines : mon manager peut se tromper et je peux avoir raison. À force de nous le répéter, nous allons nous planter une graine qui finira par germer. Nous récolterons alors une croyance positive qui nous aidera à savoir dire non au travail.

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Il est donc important de se poser la question : quelles croyances m’empêchent de savoir dire non au travail à mes collègues, mes équipes ou encore mon manager ? Ensuite, nous devrons nous répéter pendant un laps de temps important l’inverse pour nous en convaincre. Nous aurons alors une croyance positive capable de nous aider à dire oui.

 

4 – Prendre confiance en soi

Désormais, il nous manque un peu de confiance en soi pour assumer pleinement notre non au travail. En effet, la confiance va nous donner la force nécessaire pour dire non. Elle va aussi nous aider à crédibiliser notre « non ». Si nous manquons d’aplomb, nous aurons du mal à convaincre que notre refus est justifié et légitime.

Travailler sur notre confiance en soi n’est pas aussi difficile qu’il y parait. Le premier aspect est de prendre conscience que la confiance vient avec l’expérience. Plus nous aurons l’habitude de dire non, plus nous serons en confiance pour dire non. Les enseignements de ce premier point sont importants : si nous n’avons pas l’habitude de dire non, nous manquerons de confiance au début. Il faut donc commencer par des « non » peu importants pour s’exercer. Ensuite, nous pourrons essayer sur des sujets plus sensibles.

Plus nous aurons l’habitude de dire « non », plus nous aurons conscience des conséquences et plus nous saurons les gérer. Nous aurons donc gagné en expérience et en confiance. Il est donc important de commencer petit avant d’aller plus loin. Pour aller plus loin sur la confiance en soi, je vous invite à consulter mon article sur le sujet en cliquant ici.

 

5 – Bien exprimer son refus

Savoir dire non au travail, c’est aussi savoir l’exprimer correctement. En effet, nous avons beau être dans notre bon droit, il est aussi important que l’autre comprenne correctement. Nous devons donc donner du sens. Nous pourrions penser qu’il s’agit de se justifier, mais en réalité il s’agit d’expliquer à l’autre les raisons qui nous motivent à dire non.

Il pourra ainsi se mettre à notre place et comprendre notre point de vue. N’hésitons pas aussi à l’écouter à propos de notre refus. En effet, en nous mettant nous aussi à sa place, nous pourrons peut-être trouver une solution qui convienne à tout le monde sans remettre en question notre refus. En l’écoutant, nous mettrons aussi toutes les chances de notre côté pour que notre refus soit bien accepté.

Enfin, la meilleure méthode pour communiquer correctement est d’utiliser le protocole de Communication Non Violente. En effet, il nous permet de nous exprimer au mieux, en donnant du sens sur ce qui arrive et sans remettre en question l’autre. C’est donc un protocole qui nous permet de nous exprimer pleinement sans être agressif et accuser l’autre.

Il se divise en 4 étapes :

  • Exprimer les faits
  • Exprimer son ressenti
  • Faire part de son besoin
  • Exprimer sa demande. En l’occurrence, la demande sera notre refus.
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N’hésitez pas à cliquer ici pour en savoir plus sur ce protocole (site de la communication non violente)

 

6 – Maintenir la relation de confiance

Enfin, nous venons d’exprimer notre refus. Il faut être désormais vigilant à ce que la relation de confiance soit toujours bien en place. Rester dans la bienveillance est une attitude qui permettra de maintenir du respect par rapport à l’autre. Nous pourrons donc continuer à entretenir de bonnes relations avec les autres. Le travail se poursuivra normalement et efficacement.

Ne pas tomber dans le rapport de force et un « non » imposé, sera essentiel. En effet, le risque serait de toucher à l’égo de l’autre. En réaction, il pourrait lui aussi déséquilibrer la relation et la communication. Le risque de conflit latent ou conflit manifeste deviendrait donc important.

Enfin, il faudra continuer à être exemplaire pour garder notre seau de crédibilité rempli. Nous devons aussi respecter les engagements que nous avons pris. Car si nous voulons pouvoir dire non, nous devrons montrer que nous le faisons pour justement, être capables de réaliser les actions où nous avons dit oui.

Enfin, comme d’habitude, si nous nous trompons, nous ne devrons pas hésiter à reconnaitre nos torts afin de maintenir une relation de confiance qui soit équilibrée.

 

En complément pour savoir dire non au travail 

En complément pour savoir dire non au travail, je pense qu’il est essentiel de savoir accepter que l’autre refuse ou n’accepte pas notre « non ». Notre manager a tout à fait le droit de ne pas être en accord avec notre « non » et de nous imposer d’effectuer les tâches. Nous devons savoir l’accepter, car c’est le fonctionnement d’une entreprise hiérarchique. Il faudra alors savoir prendre du recul et reconnaitre que nous avons eu le courage d’exprimer notre refus. Ceci évite tout de même certaines frustrations.

Nos collègues ou nos équipes peuvent aussi mal vivre notre refus. Même si ce dernier est légitime et que nous avons travaillé sur nos émotions, nos croyances, notre confiance, la manière de l’exprimer et la relation de confiance, l’autre ou les autres peuvent ne pas être en accord ou ne pas bien le vivre. Il faudra alors rester tout de même vigilant à continuer d’entretenir de bonnes relations et accepter leur réaction.


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2 pensées sur “Savoir dire non au travail : 6 étapes clés

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    Vraiment très intéressant vos articles
    Cela est une réelle aide au quotidien.
    Il reste que dire non à un boss autoritaire c’est pas toujours simple

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      Merci Franck. Je pense que nous devons faire ce qui est en notre « pouvoir » et savoir lâcher prise sur le reste. Mais il est certain que ce n’est pas toujours simple.

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